‹ Œuvres diversesChapitre 66 sur 69 · A MADAME DE VAINES · texte numérisé non relu

A MADAME DE VAINES

De Constantinople , 1784.

,C*est le devoir et la consolation des exilés , madame , de célébrer religieusement les solennités et les fêtes de leor

'esprit a ceax qui ont ce bonbeur. je me raj^ pelle aussi certains lundis très-scrupulensement obserres, et la semaine me parait bien longue depuis qu'elle a deux jours de moins.

Si vous prenee assez d'intérêt à nous pour désirer savoir dus nouvelles de notre navigation , vous pardonneres à la longueur et au bavardage de cette lettre , et vous endurerez en une fois ce que vous auriez enduré en détail les mardis.

ICotre voyage a été très-beurenx: le vent nous a portés en cinq jours a Malte par la plus belle mer et sons le plus beau ciel du monde. J^étais très-curieux de voir cette ville, son superbe port, ses grandes murailles blanches, qui en huit jours auraient achevé de m^aveugler , et ses belle» rues pavées en pierre de taille , qui montent et qui descendent en escaliers (I). J'étais pins curieux encore de connaître ses moeurs et sa constitution bizarre , où grâce aux commanderies que distribue le grand-maitre, Tesprit militaire se perd dans Tesprit d*intrigiie; où la politesse de la chevalerie moderne conserve en partie la barbarie monacale; où, sans aucun des vieux préjugés, on est ennemi né de tout ce qui est baptisé ; où ron persécute par état et par tradition ; où la pauvreté a pour patrimoine des biens immenses, et le célibat toute une ville pour sérail.

pj Ce qui suit, jusqu'à l'alinéa Nous avons quitté cette 'Ville y etc., donna lieu à la Lettre de Bailly de Freslon rapportée en note au bas de celle du 10 septonbre 1786. Delille, se voyant engagé dans une affaire peu agréable,

f>ar suite de l'espèce de publicité donnée à sa lettre, prit e parti de désavouer, comme falsifiées et contenant des interpolations , les copies qui en avaient couru. Cependant Gnmm, à la Correspondance duquel nous emprunlon.^ cette lettre , dit que la copie qu'il en donne a été faite sur l'original.

Je croirais vous en avoir dit trop de mal ai les chevaliers enx-mêmes ne m'en avaient dit davantage. Du reste , plusieurs d*entre eux sont très-polis, quelques-uns fort aimables; tons sont très-hospitaliers, et dignes en ce sens de

qui existe ai:gonrd'

Nous avons quitté cette ville pour voir un paysplus barbare , mais plus intéressant ; ce beau pays de la CTrèce , où les reçrets sont du moins adoucis par les souvenirs. La

f>remiere île qu*on rencontre est Cérigo , si connue sous e nom de Cytbère. H faut convenir qu'elle répond mal à sa réputation. Nos romanciers et nos faiseurs d'opéras seraient un peu étonnés s'ils savaient que cette île , si délicieuse dans la fable et dans leurs vers, n^est qu'un rocher aride. En vérité, on a très- bien fait d*y placer le temple de Vénus; pour se plaire là il fallait bien un peu d^amour. ^ Les antres iles sont plus dignes de leur renommée ; et la fécondité de leur terrain , Vavantage de leur position , la beauté de leur ciel, la douceur de leur climat, embellis par tout ce que la fable a de plus enchanteur et Thistoire de plus intéressant , offrent un des plus ravissans specta • des qui puissent flatter Pimagination et les yeux. Mais je n^en pouvais jouir comme les autres; chacun m'affligeait

découvrais à peu près la position de ces lieux, et je voyais tout cela un peu mieux qae dans les livres.

Enfin nous avons été forcés de relâcher par un vent contraire, si l'on peut appeler un vent contraire celui qui nous a donné le temps de voir Athènes.

Je ne chercherai pas à vous exprimer mon plaisir en mettant le pied sur cette terre célèore. Je pleurais de ^oie" je voyais enfin tout ce que je n'avais fait que lire , je reconnaissais tout ce que j'avais connu dès renfance , tout m'était à la fois familier et nouveau : mais ce que je n'oublierai de la vie , c'est la sensation que m'a' fait éprouver l'aspect du premier monument de cette ville à jamais intéressante.

Vous avez peut-être observé , madame , que , en lisant tous les prodiges qu'on nous raconte des anciens , il reste un fonds, sinon drincrédulité , an moins de défiiance, qui nuit an plaisir et inquiète l'admiration; leur grandeur même leur fait tort , et l'on craint qu'il n'y ait un peu de leur fable dans leur histoire. Ainsi plus d'un voyageur est arrivé dans l'Egypte , prévenu contre tout ce qu'on nous

raconte de son ancienne magnificence ; mais les pyramide» existent . qni font foi de tout le reste, et il n*y a pas d'incrédulité qni ne vienne se briser contre ces masses-là.

C*est ce qne j*ai éprouvé dans Athènes , moins gigantesque dans les monumens , mais plus véritablement grande qne l'Ëi^ypte. Les mœurs , le gouvernement des Athéniens, leur ville même, n^existent plus que dans quelques débris; mais à peine les eus-je aperçus . qu^une idée de grandeur se répandit sur tout ce que je n^avais pas vu et surtont ce que je ne pouvais plus voir. Les trois seules colonnes qui restent du temple ae Jupiter m'ont tout rendu vraisemblable , tant les restes sontfrappans de magnificence et de sim- i plicité. Je ne pouvais me lasser de voir ces grandes et belles ] colonnes du plus beau marbre de Paros , intéressantes par leur beauté , par celle des temples qu'elles décoraient , par le souvenir des beaux siècles qu'elles rappellent, et surtout par ce que Timitation plus ou moins exacte de leurs belles proportions fut et sera dans tous les temps et chez tous les 1 peuples la mesure du bon et dn mauvais gont ; je les parcou- I rais , je les touchais , je les mesurais avec une insatiable avidité ; elles avaient beau tomber en ruines , je ne non- J vais quelquefois m'empécher de les croire impérissables j f

^'e croyais faire la fortune de mon nom en le gravant sur eur marbre ; mais bientôt je m'appercevais avec douleur de mon illusion. Ces restes précieux ont j>lns d'un ennemi, et le des

épargne des siècles. J'ai vu étendue a la porte

mandant une de ces belles colonnes dont je vous ai parlé ;

apt< ,

dans une citadelle construite en partie a ses dépens. Nous y sommes montés jyàr un escalier composé de ses débris. Nous foulions aux pieds des bas-jçeliefs sculptés par les Phidias et les Praxitèle ; je marchais a côté ou j'enjambais pour n'être pas complice ae ces profanations. Un magasin à poa- «Ire est établi à côté dn temple ; dans les dernières guerres des Vénitiens une bombe a fait éclater le magasin ^et tomber plusieurs colonnes jusqu'alors parfaitement conservées. Ce qui m'a désespéré, c'est qu'au moment de descendre on a donné ordre de tirer le canon pour M. l'ambassadeur; j^ai craint que cette commotion n'achevât d'ébranler le temple , et M. de Choisenl tremblait des honneurs qu'on loi rendait.

Le temple de Thésée . qni , si l'on en excepte quelques colonnes, hors d'aplomb par l'eflet d'un tremblement de

terre , réunissait tonte la solidité d'un bâtiment nouveau a tout l'intérêt de la plus vénérable antiquité, est en proie ^ à ce qu'on nous mande , à la même barbarie. Son beau pave de marbre, respecté par tant de siècles, et foulé panî^nt de grands hommes , est enlevé par ordre de ce même commandant, trop ignorantmême pour savoir le mal qu'il fait.

Après ces temples on voit encore avec plaisir dix-sept colonnes de marbre, reste de cent dix qui soutenaient, dit-on , le temple d'Adrien. Devant est une aire à battre le blé , pavée des magnifiques débris de ce monument. On y distingue avec douleur des fragmens sans nombre des superbes sculptures dont ce temple était orné. Entre deux de ces dix sept colonnes s'était guindé , il y a quelques années, pour y vivre et mourir , un ermite ^rec , pins fier des hommages de la populace qui le nourrissait que les Miltiade et lesThémistocle ne l'ont j'amais été des acclamations de la Grèce. Ces colonnes elles-mêmes font pitié dans leur magnificence. Je demandai qui les avait ainsi mutilées , car il était aisé de voir ce qui n'était point l'effet du temps; on me dit qae de ces débris on faisait de la chaux. J'en pleurai de rage.

Dans toute la ville c'est le même sujet de douleur. Pas un pilier , pas un degré , pas un seuil de porte , qui ne soit de marbre antique arraché par la force de quelque monument; partout la mesquinerie des constructions modernes est bizarrement mêlée à la magnificence des édifices antiques. Jfai vu un bourgeois appuyer un mauvais plancher de sapin sur des colonnes qui avaient supporté le temple d'Au- Suste. Les cours ,^ les places , les rues sont jonchées de ces ébris, les murailles en sont bâties; on reconnaît avec un plaisir douloureux une inscription intéressante , l'épitaphe d'un grand homme , la figure d'un héros , un bras , un pied qui appartenait peut-être à Minerve ou à Vénus; là une tête de cheval qui vit encore ; ici des cariatides superbes enchâssées dans le mur comme des pierres vulgaires. J'aperçois dans une cour une fontaine de marbre ; j'entre , c'était autrefois un magnifique tombeau orné de belles «culptures ; je me prosterne , je baise le tombeau; dans l'étourderie de mon adoration , je renverse la cruche d'un enfant qui riait de me voir faire ; du rire il passe aux larmes et aux cris ; je n'avais point sur moi de quoi l'apaiser, et il ne se serait pas encore consolé . ai des Turcs tres-boniies gens ne l'avaient menacé de le battre.

11 faut que le tous conte encore une superstition démon amour pour l'antiquité. An moment on je suis entré tout palpitant dans Athènes , ses moindres débris me paraissaient sacrés. Vous connaisses l'histoire du sauvage qui n'avait Jamais vu de pierres ; j'ai fait comme lui , j'ai rem

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pli d'abord les poches de mon habit, ensmte de ma Teste, de morceaax de marbres sculptés ; et pois , comme le sauvage , j'ai toot jeté , mais avec pios de regret que loi.

Poar comble de malhenr ^ les Albanais ont fait sar ces côtes une incursion meurtrière : il a fallu se mettre à Tabri par des murs; la malheureuse antiquité a fait encove ces frais-là , et la défense de la ville nouvelle a coûté plus d'un magnifique débris à la ville ancienne.

Pardonnez , madame , ce long récit dont rennoi tous fera peut être haïr le pays que je voulais vous faire aimer. Pour vous réconcilier avec lui , vous recevrez bientôt du vin de ces belles îles , mûri par leur beau soleil ; faites en le buvant commémoration de moi avec vos amis. M. de Choiseul prie M. Devaisnes , qu'il connaît plus que vous , de vous faire accepter un petit flacon d'essence de roses; plus de roses sont exprimées dans ce petit flacon <]o'on n'en trouverait dans tous les jardins que j'ai chantés. Ma malheureuse vue se brouille , je ne puis plus écrire , et cela m'attriste un peu.

Pembrasse bien tendrement M. Devaines.

A M. THERRESSE.

Coxutantinople , 17&S.

Je suis bien malheureux en correspondance , mon cher ami; tes lettres m'arrivent trois mois après leur date 3 celles qrae tu m'annonces ne m'arrivent pas.Ëst-il bien vrai que M. de Villedeoil m'ait écrit deux fois ? pourquoi ne te répond-il pas ? Qnelan'un de ses gens si obligeans pour ceux qui veulent nuire l'aurait-il refroidi pour moi . pour l'affaire dont il avait bien voulu se charger ? Je t'avais prié dans une de mes lettres de loi parler d'une antre affaire concernant la vente d'une maison : pourquoi ne m'en parles-tu pas ?

Tes pourquoi , diras-tu , ne finiront jamais (I).

Les voilà finis , mon ami; aussi bien je suis pressé de te remercier de ton zèle^ de ton exactitude, disons tout en un mot , de ton amitié. Pour la bien teconnaître , Je voudrais qu'on pût d'un coup de baguette te transporter ici , et te faire jouir du magnifique spectacle dont je jouis à mesure que mes yeux reviennent. De nouvelles beautés semblent naître pour moi. L'Europe , l'Asie , deux- mers

(r^ Parodie de ce rers de Voltaire ;

-^nrqnoi , dit le dieu , ne finiraient jamais.

chargées de toates les voiles que le vent da nord ou du midi font entrer on sortir; tons les souvenirs de Pantiqnité sans cesse réveillés par tons les objets; voilà les plaisirs dontje commence à jouir bien imparfaitement encore par la faiblesse de mes yeux, mais bien vivement par la nouveauté de ces sensations long -temps perdues pour moi. Je ne pouvais recouvrer la vue dans aucun lieu du monde plus à propos que dans celui ci. Hier j'ai fait un tour en Asie , un des plus beaux lieux du monde. L'Asie était ce jour-là en habits de fêtes ; des milliers de barques couvraient la mer ; la musique , le parfum des fleurs , et , ce que j*aime mieux encore , celui du café; une foule de musulmans, priant , fumant, couchés sur des carreaux et des tapis, embellissaient le rivage; le soleil, le soleil d'Asie, que celui de Paris t'empêche d'imaginer , ajoutait à tout cela. Je suis ivre de plaisir!

Parlons de ma triste et pénible , ou plutôt impossible édition. Je t*ai envoyé d'autres notes dont tu ne me parles Ïias, une entre autres sur la colline de M. le duc d'Harcourt. 'avais corrigé * Ma lettre a été perdue ,

puisque tu n'en dis rien. Mon ami , il faut différer. Si Cazin veut faire une édition dans un an , je lui donnerai plus de perfection , et je paierai la moitié de la composition , à condition que ce sera dans un an. En attendant il peut faire tirer un nombre d'exemplaires suffisant pour aller jusque là.

J'ai enfin recules observations. Plusieurs m'ont paru justes ; mais les corrections en général m'ont paru peu heureuses. Peut-êtreai-je tort. Je les relirai. A l'égard du devant, l'ouvrage de Whately (I) , imprimé chez Jombert , te fournira une excellente note que J'adopte d'avance. Souvienstoi, an surplus, (|ue mes Jardins sont des paysages. Le devant figurerait très-bien dans Ermonville ; mais il faut encore une note qui dise cela , et tu la fbras. Mais encore une fois je n'ai point dans ce moment la force de corriger. Les circonstances peuvent amener des idées nouvelles; mes additions seront plus considérables et mes corrections meilleures. Mande-moi si tu as reçu celle qui regarde M. de ChoisenI , et , si tu l'as reçue , ne la perds pas.

(1) Fameux dessinateur de jardins anglais. Delille a dit dans le chant III de son poème :

Loin de ces froids «ssais qu'un vain effort étale . Aux champs de Midleton , aux monts de Dovedale , . Whately , je te sais ; Tiens, j'y monte avec toi.

A MADAtfE LA PRINCESSE GZAKTORISKA.

Madabe ,

La lettre que yoos m'ayez fait l'honneur de m*écrire est venue me trouver à Constantinople , où j*ai accompagné M. le comte de Choiseul-Gouffier , ambassadeur de France dans ces mêmes lieux qu'il a parcourus autrefois comme voyageur. Vous connaissez le beau monument qu'il a élevé à l'honneur de la Grèce , Si les arts, rappelés dans leur pre; mière patrie , en consacrent un à ceux qui auront préparé leur retour , mon ami aura des droits à une des premières places. Je prévois qu'il laissera dans ce pays un nom illustre dans plus d'un genre.

Pour moi , madame , avide depuis long-temps de connaître ce beau pays de la Grèce , j'y portai des illusions trop tôt détruites : j'ai cherché les Athéniens dans Athènes ; je ne les y ai point trouvés, et j'ai appris par votre lettre, pleine d'esprit et de grâce, qu'ils éuient réfugiés parmi les .^armâtes. En la lisant , je l'ai crue écrite par des particnliers aimables et instruits ^ â qui un goût naturel et la médiocrité de leur état rendaient agréable le séjour de la campagne ; je l'ai trouvée signée par tout ce que l'Europe a de plus distingué parla naissance, la valeur, l'esprit et les grares. J'en ai été plus frappé que surpris : votre nom et votre rang , madame, vous condamnent à n'avoir point de goûts obscurs; je le connaissais depuis long-temps pour tout ce qui est simple et beau . Ce Virgile , à qui vous destinez dans votre hameau une place qui ajoutera encore à sa gloire, semble avoir dit pour vous :

Les dieux ont quelquefois habité les forêts ; Habitàront di quoque silvas.

Je suis loin de prétendre à la place que voua voulez bien me donner près de lui dans le charmant projet de votre pyramide. C'est bien assez d'avoir défiguré saj>oésie dans mes faibles traductions , sans gâter encore les honneurs que vous lui rendez. Quelques personnes d'un rang distingué , qui veulent bien aimer mes vers champêtres , ont fait planter dans leur Jardin un arbre qu'elles ont nommé de mon nom. Ce monument est le seul qui convienne i la modestie d'une muse des champs : elle se rend justice quand elle a peur des marbres et des pyramide»; ces honneurs ne oont dus qu'à ce même Virgile , qui sut , en chantant les forêts, rendre les forêts dignes des consuls : et si vousTona rappe-

lez , madame , qae ces consals étaient à la fois de grands guerriers et de grands hommes d*état , l'application de ces

t que de me transporter dans votre hameau , de m'associer à f vos goûts et à yos entretiens. Si mon nom est quelquefois

f>rononcé dans vos scènes champêtres; si mes vers ^ rai>pees par les objets qu'ils décrivent , sont quelquefois répétés dans vos bois , je me croirai trop heureux. Votre société , unie par les liens du sang , par l'amour des p arts . surtout par l'amitié , est la plus aimable confédération « qu'ait vue la Pologne. Cette liberté que les héros de votre

{>atrie et de votre maison ont cherchée si courageusement e sabre à la main , vous l'avez trouvée sans frais et sans '0 danger dans la solitude et dans la paix des champs. ^ Vous me parlez, madame , de vos souvenirs; d'autres à

votre place se rappelleraient l'antiquité d'une noblesse illus- ^ tre et l'honneur d'appartenir au sanç des rois. Vos souvet nirs , au lieu d'être ceux de la vanité , sont ceux de l'amitié et de la reconnaissance ; celle que vous témoignez pour f, les auteurs fameux dont la lecture charme votre retraite ^ est bien juste et digne de vous. Permettez-moi seulement , Ç madame . quelques observations sur la place que vous leur rf offrez. Ni Racine ni Gresset ne me paraissent faits pour être ,: placés à côté des poètes champêtres. Racine mefite une ^: place bien supérieure. Gresset , qui a traduit les Eglogues f de Virgile , paraît n'en avoir pas rendu la belle simplicité : P il a peint avec finesse les ridicules de la ville ; mais il sentait pçu les charmes de la campagne.

pour

qui d .

mais , en vous rendant votre bienfait, permettez que je conserve ma reconnaissance.

A l'éffard de l'inscription que vous me faites l'honneur de me aemander , j'oserai vous faire observer encore qu'il serait difficile , pour ne pas dire impossible, d'exprimer, aussi brièvement que le genre Texige , le caractère d'un aussi grand nombre d'auteurs , tous différens de langue , de nations et de siècles. J'ai tâché de la faire simple , précise , dans le style lapidaire et antique ; et , pour rendre dans le moindre nombre de mots possible l'hommage que des personnes illustres offrent dans une retraite champêtre aux grands écrivains qui charment leurs loisirs , je crois qu'il suffira de graver sur la pyramide :

ŒUV. DIV. 24

LBS MKUX »BS CUAHPS AUX PIEDX PBS AKTS.

L*in8cription , comme vous le voyez, est écrite dans notre langue , on plutôt dans la vôtre : elle vons appartient par les grâces qae vous lui prêtes ; et j*oserai vous dire avec Voltaire :

Elle est k toi , puisque tu Pembellis.

J^ai cru qu*une langue dans laquelle vous fendez tons les jours vos sentimens et vos idées ne pourrait être indigne d*aucnn monument : je ne l'ai trouvée insuffisante qu« pour exprimer toute la vénération-, la reconnaissanc* et le respect avec lesquels j'ai Thonnenr d'être, etc. i»

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