PARTIE II» CHAP. XXIII
plus admirées ! PoursuiTes , petit gardon ; le seigneur don Quichotte est iiMlulgent.
Au milieu de tout ce tumulte, y oyez présentement , messieurs , la superbe cayalerie qui va sortant de la yille à la poursuite de Mélisandre. Regarder oes beaux eavalier» ayec leurs grandes moustaches, leurs cimeterres à la main , leur air farouche et terrible. Écouter toutes ces trompettes , ces timbales , ces cors , ces' hautbois. O. combien yoilà d'escadrons ! En ya^ , aMssieurs , de nouyeaux ; en voilé qui p«4AQiit encore. Toua les Maures sont à chevinl ,tou» les Maureft ont p^isles armes. Oh ! '^e je 0|«ins pour noà amans f Si par malheur ilf sont rejoints , tous les allex voir revenir aittachéft k 1* queue de leur coursier, et livrés ensuite avo; atroeités d'un peaple infidèle et barbare.
Non , par Pieu 1 s'écrie notre héroat avec une voix de tonnerre , non ;. tant que je vois le jour il ne pent tien arriver au brave don Gailero». Arrêtez., lâches Musulmans , eessex une indigne poursuite ; c'est moi qui détends Mélisandre, c'est moi qui vous défie tous. A ces mots , l'épée à la main , il s'élance sur les marionnettes , enfonce, renverse le$ escadrons maures, détruit les tours, les maisons, les remparts de Saragosse, pénètre même plus
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loin ) et si maitre Pierre ne s'ctait baissé , sa tête tombait sur la scèiâe aycc celles de ses guerriers.
Ce pauvre maitre Pierre , à Tabri derrière sa plus forte planche , criait de toutes ses forces : Seigneur don Quichotte , seigneur don Quichotte , apaisez-vous , s'il vous plait ; ceux que vous tuez ne sont pas des Maures , ce sont des figures de pâte. Ah ! malheureux que je suis ! vous me cassez tout , vous me ruinez.
Don Quichotte n'écoutait rien , et continuait le carnage. En moins de huit ou dix minutes le théâtre croula par terre ; la cavalerie fut' taillée en pièces ; le roi Marsile , grièvement blessé , demeura dans les débris ; rempereui Charlemagne tomba d'un côté , sa couronue et son sceptre de l'autre ; le singe , effrajé du tapage , brisa sa chaîne et s'enfuit sur les toits ; le petit garçon courut se cacher ; le guide , l'aubergiste , tout l'auditoire , se hâtèrent de gagner la porte ; Sancho lui-mêm^e voulut se sauver, et n'a pas craint de dire depuis qu'il n'avait jamais vu son maiti^e dans une si furieuse colère.
Notre héros, au milieu des morts, des blessés et des fiijards , maitre du champ de bataille , ne voyant plus d'ennemis , s'arrête pour reprendre haleine. Je voudrais bien ,*