‹ Œuvres Don Quichotte da la Manche, trChapitre 109 sur 124 · PARTIE II, CHAP. XXV · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAP. XXV

considérable , vous soujQTririez encore plus de douleur. — Ma foi , monsieur , vous l'avez trouvé ; je remercie votre seigneiïVie de m'apprendre que je n*ai eu mal qu'à l'endroit où l'on m'a touché. Gela me soulkge beaucoup , et je ne l'eusse pas deviné sans vous. Comme vos belles réflexions me font aussi réfléchir , je vous dirai firanchemeut qu'on se lasse de tout dans le monde , et que je commence à me dégoûter des profits qu'on trouve à la suite de messieurs les chevaliers errans. Un jour l'on est berné pour eux, le lendemain bâtonné, sans qu'ils s'en mettent en peine. Ils vous récompensent , à la vérité , de ces petits accidens en vous faisant mourir de faim , en vous dotinant à boire l'eau des ruisseaux , et vous offrant pour dormir les verts gazons des campagnes.

Je commence à croire qu'il serait plus sage de m'en retourner chez imoi travailler avec ma femme et mes enfans , vivre en paix , sans m'embarrasser de la chevalerie , qui , la vôtre exceptée , monsieur , me parait de toutes les folies la plus sotte et la plus ennuyeuse.

Avapt de vous répondre, Sancho , reprit froidement don Quichotte , convenez avec moi d'une chose; Ast que depuis que vous parlez votre dos vous fait moins de mal. Con^ tinuez, mon (ils, ne vous gênez point; dites

»os DOIT QUICHOTTE.

tout ce qa*il tous pUirau Lt léger enoiii d'entendre des sottisefl ne peut être mds en compa^ rmison arec le plaisir de tous soulager. Quant h lenTÎe que tous ayez de retourner à Totre Buûson , à Dieu ne plaise que je tous retienne ! Vous STcs ma bourse; TOjez depuis quand nous soaunes ensemble , combien tous devex gagner par fOur, et pajea-TOus par tos mains. — Monsieur, quand je serrais Thomas Carrasco, le père du bachelier, j'aTais deux dnfcats par uiois, et l'on me nourrissait encore. Il me semble qu on a plus de mal au serTice d'un cheTalier quau serTice d'un laboureur; car enfin, chea ce laboureur, quand on a. bien traTaillé , Ton est sûr de manger à sa faim , et de dormir dans un lit. Je ne me rappelle pas qu'aTec Totre seigneurie ce bonheur me soit arriTe, si ce n'est le peu de jours que nous aTons passés chez don Diègue , et l'instant où monsieur Gamache me permit d'écumer son

pot. Fprtbien! Que prétendes-TOus donc

que je tous donne de plus que le labovreur Thomas Carrasco ? — Ma foi 2 quand tous ajouteriez deux réaux aux deux ducats , je ne crois pas que cela fût trop, pour les gages seulement; et puis pou^a promesse de cetteîle qui est encore à Tenir , je pense qu'il faudrait six réaux.— J'j consens; comptez tous-

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