‹ Œuvres Don Quichotte da la Manche, trChapitre 42 sur 124 · CHAPITRE XI. j · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. j

Entretien des deux écuyers, ^^

XL faut conyenir, monsieur, dit l'inconnu , que la yie que nou3 menons à la suite des cbeyaliers errans est une terrible yie : nous ne mangeons pas un morceau de ain qui ne soit acheté à la sueur de notre -front. Cela est yrai, monsieur, répondit Sancho; encore ce pain manqua- t>il souyent ; et yous sayeB comme moi que l'on est quelquefois deux

^a DON QUICHOTTE;

jours sans autre nourriture que le vent qui souûle. — Je n'en disconviens pas, mon cher confrère, mais heureusement on est soutenu par la certitude des récompenses : il est si rare qu un chevalier ne trouve pas l'occasion de donner à son écujer quelque duché , quelque marquisat un peu raisonnable! — Puisque nous en sommes là -dessus, monsieur, je ne vous cacherai point que j'ai déjà dit à mon maître que je me contenterais d'une petite île. Mon maitre me l'a promise , et je l'attends tous les jours. — Moi , j'ai demandé au mien un petit canonicat , qui va m'arriver un de ces matins. — Ah! ah! j'entends; votre maitre est sans doute un èhevalier errant d'église : le mien n'est qu'un séculier. Quelques personnes , que je n'aime guère , voulaient lui persuader ^e se faire archevêque ; ça m'aurait causé , je ^HiUs l'avoue , le plus grand des embarras ; car, je n*en fais pas le fin, je ne vaux rien pour être ecclésiastique; un bénéfice me gênerait. Grâce au ciel , mon maitre ne s'en est pas soucié. Il a fort peu d'ambition , ses désirs sont très modérés : et , sans aller chercher midi à quatorze heures , il persiste à devenir tout bonnement empereur. — Mais écouter done , mon confrère ; je ne sais guère si le goavernement ^e cette lie dont vous me parliez

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