PARTIE II, CHAP. XV. ii
Don Diègue , voysml enfin cpie rien ne pondait ébranler la résolution de notre chevalier, prit le parti de piquer sa jument , et de s'éloigner dans la campagne. Le charretier le suivit sur ses mules , ainsi que le triste Sancho , qui voyait déjà son maître dans les griffes de ces lions , et maudissait l'heure fatale où il s'était remis à son service. Au milieu de ses lamentations il n'en pressait pas moins son âne pour s'éloigner le plus qu'il pouvait. Dès que le conducteur les vit assez loin , il voulut tenter de nouveau de persuader don Quichotte ; mais celui-ci , d'une voix fière , lui réitéra ses ordres ; et, tandis que le conducteur se préparait à obéir, notre héros songeait eh lui-même s'il ne ferait pas mieux de oombattre à pied. La crainte que Rossinante ne s'effrayât de la présence des lions lui fit adopter ce dernier parti. Aussitôt il se jette à terre , se débarrasse de sa lance , de son écu , tire son épée ; et , se recommandant à Dieu et à Dulcinée, tranquille, rœii assuré , il vient d'un pas ferme et grave se placer devant le chariot.
O valeureux don Quichotte ! s'écrie dans cet endroit le véridiqne auteur de cette histoire, 6 le plus grand, le plus intrépide des héros dont l'Espagne se iglorifie ! où trouyerai-je ïïes expressions assez nobles, assez
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élevées , pour peindre digneu^n^ too cpHrage ? comMient trapunettre à i'incyréduU postéiité des exploits si fort au-4lessus de ladniiratiion des liommes ? Seul , à pied , «a^s autre soutien ^ue ce cœur , ce cœiar s^gnaniiae , rempart impénécriable à la peur , tans autres anaos qu'une épée , hélas 1 afisez mal a^ée , qu un bouclier peu garni de fer , à moitié rongé de la rouille , tu attends , tu viens affronter les deax plus terribles lions qu -aient produits Les déserts d'Afrique ! Non , je né te louerai point , 6 chevalier de la Manche ! je raconterai ton action.
Le coniductenr , pressé de plus en plus pat notre héros, qui brûlait d'en venir aux mains , se décide enfin à le sStisfaire. Il ouvre en plein la cage du lion , et découvre tout à coup son énorme tajUe, sa crinière horrible, ses ^enx farouches et sanglans. Don Quichotte le considère sans effroi ; le lion se retourne , se coule , étend lentement ses membres , allonge ses muscles , ses giûffes , ouvre sa gueule profonde , et fait un long bâillement ; ensuite , avec une tangue qui sort de deux pifds pa^-delà sei dents, il essuie, nettoie son mufle > pasfte et repasse cette langue sur^ie^ j^ope», sur f(es pau* ipières,se lève ,all4»ngie ^ t^téi jhpas de jia Ç9^^