‹ Œuvres Don Quichotte da la Manche, trChapitre 63 sur 124 · PARTIE II, CHAP. XV. n · texte numérisé non relu

PARTIE II, CHAP. XV. n

et promène à droite et à gauche deux prunelles qui ressemblaient & deux immenses brasiers.

Notre cheyalier attentif suivait tous ses moo< yemens. ; il n*était ému que du vif désir de commencer le combat ; mais le généreux lion , qui se souciait peu de cbeyalerie , de bravades , d exploits glorieux, après avoir regAdé de toutes parts , se retourne de la tète k la ^eue , présente son derrière au héros , et se couche au fond de sa cage. Don Quichotte voulut que le conducteur l'irritât k coups de bâton , et le forçât de s'élancer. Non pas, s'il vous plaît, reprit le pauvre homme ; car la première chose qu'il ferait serait de me mettre en morceaux. Mais en vérité , seigneur chevalier, vous devriez être plus que content : vous aves poussé la valeur jusqu'au dernier point où elle peut atteindre ; pourquoi vouloir tenter deux fois la fortune? La porte est ouverte, il ne tient qu'au lion de sortir ; vous l'ave» attendu, vous l'attendez encore : il me semble que lorsque le plus brave des^guerriers a défié son ennemi , lui a présenté le combat , et que l'autre le refuse , il a mis sa gloire à oouyeit. La victoire est à vous , seigneur : le lion a fui , don.c il est vaincu.

Vous av«z raison, reprit don Quichotte; ami, fermiez cette cage, et donne»-inpi une

ii6 DON QUICHOTTE.

attestation en bonne forme de 6e qae vous m'ayez yu faire :'signez qu'il est yéritable que yous ayez ouyert au lion ; que je lui ai offeit le combat , qu'il ne l'a pas accepté ; qu'une seconde fois je l'ai défié , qu'une seconde fois il a craint de se mesureur ayec moi. Je suis quitte enyers%ion deyoir : meurent , meurent enchantcurs^et yiye la cheyalerie ! >

liC conducteur ne demandait pas mieunque d'obéir à ces derniers ordres. Il referma promptement la cage , tandis que notre héros y mettant son mouchoir au bout de sa lance , fit des signes et cria de loin à don Diègue et à Sancho de reyenir promptement. Ceux-ci , tout en fiijant , retournaient à chaque pas la tête; ils aperçurent le mouchoir , et Sancho dit le premier : Que je meure si mon maître n'a pas yaincu ces terribles bêtes I le yoilà qui nous appelle. Don Diègue et le charretier s'arrêtèrent à ces paroles , reconnurent la yoix de don Quichotte , et retournèrent à lui. A peiiie arriyés : Mon ami , dit le héros au charretief , yous pouyez ratteler yos mules et poursuivre yotre route. Et toi, Sancho, donne deux écus d'or à ces messieurs pour le temps que je leui^ ai fait perdre. De tout mon cœur, reprit l'écujer.

Mais que sont devenus les lions ? sont -ils morts, tont-xls yiyans? Le çpn docteur se mit

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