‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 116 sur 397 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Des poisons que Ini-mèmc a cnis \e» plu» fl(lt>lcs t ;

Il les a trouvés tous sans Torct* et sans V(Ttu.

« Vain secours, a-t-il dit, (|iie j*ai trop ciimiKitlii !

ff Contre tous les poisons soi^noiix de nu* défrndn*.

n T'àï perdu tout le fruit que j*oii pou vois atti*ndn*.

(f Essayons maintenant des s4H*ours plus ccïvtiius,

ff Et cherchons un trépas plus funeste aux Komuiu<. »

Il parle: et défiant leurs iinmlmMiMS exhortes.

Du palais, à ces mots, il fiiii ouvrir Us port(*s.

A ras|>ect de ce front dont la nohlr fureur

Tant de fois dans leurs rangs n'pandit la terreur.

Vous les eussiez vus tous, retournant en arrièn* ',

laisser entre eux et nous une largt; earrière ;

Et déjà quelques uns rouroient é|Niuvantês

Jusque dans les vaisseaux qui U*s ont apportés.

Mais.le dirai-je? 6 eiel! nissuns par IMiariiare.

Et la honte en leurs eti^urs nAeillaut leur audac«'.

ils reprennent courage, ils attafpieut le i-oi,

Qu*un reste de soldats défendoit av(>e moi.

Qui pou rroit exprimer parquets faits incrovaliUs.

Quels coups accompagnés de regards eft'ntyabU's,

.Son bras, se signalant pour la (i(>rniére fois.

\ de ce grand héros terminé \vs exploits?

1 Df 8 poisons ^fit/Hes! [[n'y a point iï'C-]nih*tv pins neuve et plus liardie : elle est si bien placée qu'elle ne le paroit pas, tant l'auteur «•t le sujet ont contribué à la rendre claire! .Au reste, on est d'acconi licpuis longtemps sur la belle versification qui fait de ce récit un de rcux qu'on admire le plus au théâtre et à la lecture. Nous dbserverons seulement que ce récit et la mort de Mithridate sont les derniers traits qui achèvent la peinture de ce grand caractère, et qu'ils ajoutent au ilénoucment le mérite de la dignité. (L.)

* Les commentateurs ont cru trouver le modèle de cette description rlans ces vers de Virgile :

« Diffugiant alii ad naTea, et littora cursu

« Fida petnnt : pan ingentem formidine turpi ,

« Scandunt rnrsaa equum, et nota rooduntur in ulvn. >'

u Les uns se précipitent vers leurs vaisseaux, et cherchent une plage à l'abri du danger ; d'autres, saisis d'une honteuse épouvante, se hâtent dp remonter dans les flancs de cet énorme cheval qui les avoit apportés. V {^neid., lib. II, v. 3S9.}

lî. «2

EnGn, las et couvert de sang et de poussière, Il s^étoit fait de morts une noble barrière : Un autre bataillon s'est avancé vers nous : Les Romains pour le joindre ont suspendu leurs*coups. Ils vouloient tous ensemble accabler Mithridate. Mais lui : « C'en est assez, m'a-t-il dit, cher Arbate ; « Le sang et la fureur m'emportent trop avant. « Ne livrons pas surtout Mithridate vivant. » Aussitôt dans son sein il plonge son épée. Mais la mort fuit encor sa grande ame trompée. Ce héros dans mes bras est tombé tout sanglant, Foible, et qui sirritoit contre un trépas si lent; ^Et, se plaignant à moi de ce reste de vie. Il soulevoit encor sa main appesantie; Et, marquant à mou bras la place* de son cœur, Sembloit d'un coup plus sûr implorer la faveur ^ Tandis que, possédé de ma douleur extrême. Je songe bien plutôt à me percer moi-même, De grands cris ont soudain attiré mes regards : rai vu, qui Tauroit cru? j'ai vu de toutes parts Vaincus et renversés les Romains et Pharnace, Fuyant vers leurs vaisseaux, abandonner la place; Et le vainqueur, vers nous s'avançant de plus près, A mes yeux éperdus a montré Xi phares.

UONIHE.

Juste ciel!

ARBATE.

Xipharès, toujours resté fidèle.

Et qu'au fort du combat une troupe rebelle. Par ordre de son frère, avoit enveloppé, Mais qui, d'entre leurs bras à la fin échappé. Força les plus mutins, et regagnant le reste. Heureux et plein de joie, en ce moment funeste, A travers mille morts, ardent, victorieux, S'étoit fait vers son père un chemin glorieux *.

1 Quelle image 1 Quel coloris! Quel est le peintre qui représenteroit aussi vivement une pareille action! (G.)

s Que ceux qui connoissent les difficultés de notre langue et de notre versification examinent combien il y a de choses dans ces huit vers.

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