‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 117 sur 397 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Jugei de quelle horreur cette joie est suivie.

SoD bras aux pieds du roi Talloit jcliT sans vi«*;

Mais on court, on s'oppose à son emporteinciil.

Le roi m*a regardé dans ce triste inoimMit,

Et m*a dit, d*uue voix qu*il iKiussoit avec peine :

« S*il en est temps encor, cours, et sauve la reine i. »

Ces mots m*ont fait trembler |>our vous, |N»ur \i|>liun's,

Tal craint, j*ai soupçonné quelques ()r<lr(^s sirrets.

Tout lassé que j*élois, ma frayeur et mon zèle

ll*ont donné |>our courir une force nouvelle ;

Et, malgré nos malheurs, je me liens trop li(>nreux

D^avmr paré le coup qui vous perdoit tons diMix.

MOMMK.

Ah! que, de tant d^horreurs justement étonnée, Je pUdns de ce grand roi lu triste destintr ! Hélas! et plût aux dieux qu'à son sort inhumain Moi-même j'eusse pu ne iHÛnt pn^ler la main, Et que, simple témoin du malheur (|ni Taccable, Je le pusse pleurer sans en (Mre coniiable *! Il vient. Quel nouveau tn)uble excite en mes esprits Le sang du père, 6 ciel ! et les larmes du lils !

combien il en falloit pour que tout fût clair et motivé, f;t combitn il étoit difficile de ne faire de tout cela qu'une seule phrase, sans qu'un aeal membre de cette longue çhrase embarrassât ou ralentit la narration, qui doit ici être vive et rapide, et qui en cfTetne cesse jamais de l'être. Voilà ce qui est également hors de la portée dcs'écrivains médiocres, et des regards de la multitude. (L.)

1 Ce trait de la sensibilité et de la rcconnoissance de Mithridate pour un fils aussi vertueux que brave, efface l'odieux de sa cruauté et de sa jalousie, et le fait aimer et plaindre du spectateur, mulgré ses vices. Ce retour vers Xipharès qu'il aime, et qui lui rend dans ce moment le service le plus cher à son cœur, est absolument dans la nature : le don qu'il fait en mourant de la main de Monime ù ce (ils victorieux, u'a rien qui démente son caractère. (G.)

« C'est la trahison de Phamace qui est cavse de la mort de Mithridate, et non pas Monime ; mais on lui pardonne volontiers cette erreur, et sa douleur est d'autant plus généreuse, qu'elle plaint celui qui l'opprimoit, et qu'elle aime mieux s'accuser elle-mime <iiie d'accuser son ennemi. (L.)*

t80 MITHRIDATË.

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