‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 118 sur 397 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MITHRIDATË, MONIME, XIPHARÉS, ARBATE, FHOE-

DIME , ARCAS , gardes qui soutiennent Mithridate. * MONIME.

Ah ! que vois-je, seigneur, et quel sort est le vôtrr î

MITHRIDATË.

Cessez et retenez vos larmes Tun et l'autre :

(montrant Xipharès.)

Mon sort de sa tendresse et de votre amitié

Veut d'autres sentiments que ceux de la pitié ;

Et ma gloire, plutôt digne d'être admirée.

Ne doit point par des pleurs être déshonorée.

J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu :

La mort dans ce projet m'a seule interrompu.

Ennemi des Romains et de la tyrannie.

Je n'ai point de leur joug subi l'ignominie;

Et j'ose me flatter qu'entre les noms fameux

Qu'une pareille haine a signalés contre eux,

Nul ne leur a plus fait acheter la victoire,

Ni de jours malheureux plus rempli leur histoire.

Le ciel n'a pas voulu qu'achevant jfnon dessein

Rome en cendrés me vît expirer dans son sein;

Mais au moins quelque joie en mourant me console :

J'expiro environné d'ennemis que j'immole ;

Dans leur sang odieux j'ai pu tremper mes mains;

Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains.

A mon fils Xipharès je dois cette fortune;

II épargne à ma mort leur présence importune;.

Que ne puis-je payer ce service important

De tout ce que mon trône eut de plus éclatant!

Mais vous me tenez lieu d'empire, de couronne ;

Vous seule me restez : souffrez que je vous donne ',

1 Dans les Trachiniennes de Sophocle, Hercule mourant donne su maîtresse lolc à son fils Hyllus, de même que Mithridate donne Monime à Xipharès. lole est la cause de la mort d'Hercule par la jalousio

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