BAJAZET, ROXANE
ROXANE
Prince, l'heure fatale est enOn arrivée Qu'à votre liberté le ciel a réservée.
Rien ne me retient plus; et je puis, dès ce jour, Accomplir le dessein qu'a formé mon amour. ' . fJ
Non qtie, vous assurant d'un triomphe facile, Je mette entre vos mains un empire tranquille; Je fais ce que je puis, je vous l'avois promis ; J'arme votre valeur contre vos ennemis, *J'écarte de vos jours un péril manifeste ; Votre vertu, seigneur, achèvera le reste. Osmin a vu l'armée; elle penche pour vous; Les chefs de notre loi conspirent avec nous ; Le vizir Acomat vous répond de Byzance; Et moi, vous le savez, je tiens sous ma puissance Cette foule dé chefs, d'esclaves, de muets, Peuple que dans ces murs renferme ce palais. Et dont à ma faveur les âmes asservies M'ont vendu dès longtemps leur silence et leurs vies. Commencez maintenant : c'est à vous de courir Dans le champ glorieux que j'ai su vous ouvrir. Vous n'entreprendrez point une injuste carrière 2, Vous repoussez, seigneur, une main meurtrière :
I Cette scène, si bien amenée, si bien préparée, est exécutée avec tout l'art dont Racine étoit capable ; elle est forte de choses : la sultane y développe sa politique ambitieuse, Bajazet sa noblesse et sa ^orté. |G.) * Xa Harpe et Geoffroy blâment cette exptcssiou. Cependant Boi- ^<?au a dit tenter une carrière, dans Vépltte sv\t \e Tjjassa.%«i âiw "B.\v\t».\ ^ est-à-dire tenter de parcourir une carrière, I\ enesl dexuème d*.\XN«itç.