ACTE I, SCENE II. 20!l
N*aurai-je vu briller cette noble chaleur
Que pour m'en retourner aviH* plus de douleur!
ILYSSE.
Dieux ! qu*est-ce que j'entends ?
ACHILLE
Seigneur, qu'osez- vous dir**?
AUAMEMNON.
Qu^il faut, prince, qu'il faut (pie chacun se retire; Que, d*un crédule eMiK)ir trop longtemps abtisi's, Nous attendons les vents (|ui nous sont i'i'fns('>s. Le ciel protège Troio; et |)ar trop de présiiges Soo courroux nous défend d'en chercher les pass:iges.
ACHILLE
Quels présages affreux nous inunpient son courmux?
AGAMEMNON
Vous-même consultez ce qu'il prinlit de vous. Que sert de se flatter? On sait qu'à votre tôte Les dieux ont d'Ilion attaché la conqu(>te ; Mais on sait que, pour prix d'un trionqdie si beau, lis ont aux champs troyeus manpié votre tombeau ; Que votre vie, ailleurs et longue et fortunée, . Ûevant Troie en sa fleur doit être moissonnée.
ACHILLE
Ainsi, pour vous venger, tant de rois assemblés D*un opprobre éternel retourneront comblés; Et Paris, couronnant son insolente flamme. Retiendra sans |>éril la sœur de votre remnie * !
AGAMEMNON
Hé quoi ! votre valeur, qui nous a devancés, N'a-t-elle pas pris soin de nous venger assez? Les' malheurs de Lesbos, par vos mains ravagée, Éftouvantent encor toute la mer Egée :
Troie en a vu la flamme; et jusque dans ses ports, I^s flots en ont poussé le débris et les morts.
• C'est ici qu'Achille devroit répondre à ^objection tirée du danger qui le menace dans les champs troyens ; mais Racine avoit encore besoin de parler de Lesbos, d'Ériphile, de l'obscarité qui cnvcloppoit la naissance de cette Jetmc captive : le poète songe à bien établir son épisode. (G.)