AGAMEMNON, ULYSSE
AGAHEMNON.
Juste ciel! c'est ainsi qu'assurant ta vengeance Tu romps tous les ressorts de ma vaine prudence! Encor si je pou vois, libre dans mon malheur, Par des larmes au moins soulager ma douleur ! Triste destin des rois! Escl ves que nous sommes Et des rigueurs du sort et des discours des hommes. Nous nous voyons sans cesse assiégés dé témoins ; Et les plus malheureux osent pleurer le moins * !
" la curiosité. De toutes parts on 8e demande quel hymen, quelle fête .< se prépare. Est-ce Agamemnon qui n'a pu résister au désir de voir sa .< fille? voudroit il la consacrer à Diane, reine d'Aulidet qui doit la ^ i< conduire à l'autel t Mais allons, hâtez-vous, heureux père, de cueillir u les premières fleurs dans les corbeilles sacrées ; couronnez tous vos « têttfs ! Ménélas, faites les apprêts de l'hymen; que le son de la flûte i« retentisse dans votre tente; formez des danses joyeuses : le jour du " bonheur vient d'éclore pour la jeune Iphigénle! » (G.)»
1 Euripide est peut-être ici plus touchant que Racine; mais les traits les plus pathétiques dé ce morceau se retrouvent dans la suite de la pièce. Racilié n'a rien perdu de ce qu'il pouvoit emprunter, mais il a pris garde à la progression et à la convenance. Ce n'est pas devant Ulysse qu' Agamemnon doit se livrer à toute sa sensibilité, et le poëte en ménage les expressions, parcequ'il n'est qu'au premier acte. (L.) — « Hélas ! qui dois-je plaindre! par qui conmiencert Malheureux, c'est u par toi-même ! Je suis tombé dans les filets de la nécessité : un dieu .< plus fort et plus habile que moi a déconcerté tous mes projets. Le .< dernier des hommes est plus heureux que moi : il peut répandre des *« lanoes, s'abandonner librement à sa douleur. Les grands n'ont pas tt cet' avantage : le peuple est notre maître; nous sommes esclaves de « tout ce qui nous environne. Tu rougis de pleurer, malheureux ! rougis u encore plus de ne pas pleurer dans un si grand malheur! Eh bien ! Il que vais-je dire à Clytemnestre! .comment faut-il ia recevoir! de