‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 161 sur 397 · ACHILLE, IPHIGÉNIE · texte numérisé non relu

ACHILLE, IPHIGÉNIE

ACHILLE

Madame, je me tais, et demeure immobile.

Est-ce à moi que Ton parle, et connaît-on Achille?

Une mère pour vous croit devoir me prier !

Une reine à mes pieds se vient humilier!

Et, me déshonorant par d'injustes alarmes.

Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes !

Qui doit prendre à vos jours plus d'intérêt que moi - ?

t Suivant nos mœurs, la bienséance ne défend pas à une princciiiii* de s'entretenir seule avec un homme ; mais il n'en étoit pas ainsi chez les anciens, et c'est par l'ignorance de leurs usages que nous ne sommes point choqués de voir Achille seul avec Iphigénie. Dans Euripide, sitôt qu'il voit Clytemnestre, il s'écrie : « O lois de la pudeur ! »» et veut st' retirer. (L. R.

< Euripide donne les mêmes sentiments à Achille : O femme si indignement traitée par ce que vous avez de plus cher, comptez sur les secours d'un jeune guerrier vivement touché de vos malheurs ! Votre fllle ne sera point imolée par son père, puisqu'elle a été appelée mon épouse. Je ne souffrirai point que votre époux me prenne pour l'instrument de sa perfidie ; sa main auroit levé le fer sur la victime.

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