‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 166 sur 397 · ÉRIPHILE, DORIS · texte numérisé non relu

ÉRIPHILE, DORIS

DORIS

Ah ! que me dites-vous? Quelle étrange mauie Vous peut faire envier le sort d'Iphigénie? Dans une heure elle expire. Et jamais, dites-vous Vos yeux de son bonheur ne furent plus jaloux. Qui le croira, madame? Et quel cœur si farouche...

ÉRIPmLB.

Jamais rien de plus vrai n'est sorti de ma bouche;

Jamais de tant de soins mou esprit agité

Ne porta plus d'envie à sa félicité.

Favorables périls! Espérance inutile!

PTas-tu pas vu sa gloire, et le trouble d'Achille?

J'en ai vu, j'en ai fui les signes trop certains.

Ce héros, si terrible au reste des humains.

Qui ne connaît de pleurs que ceux qu'il ftiit répandre,

Qui s'endurcit contre eux dès l'&ge le plus tendre S

Et qui, si l'on nous fait un fidèle discours.

Suça même le sang des lions et des ours ^,

1 Le pronom eux, qui se rapporte à pleurs, ne produit pas ici un bon effet. On lit dans le vers suivant^/atre un discours ^ pour faire un récit, un rapport : il faut laisser cette liberté aux poëtes. (G.)

< Le poëte, selon la remarque de Louit Racine, a su ennoblir des détails qu'il a empruntés à Stace :

« Non nllas ex more dapes haboisse, née uliit « Uberibns satiasse famem , sed acUaa leonom « Yiscera, semi-aaimeaque libena traxisae medallas. »

AchiL, lib. II.

M On le vit dédaigner les aliments ordinaires, et les mamelles d'une nourrice n'allaitèrent point son enfance; mais il dévoroit les entrailles déchirées des lions, et leur moelle encore toute fumante. »

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