SCÈNE IL
CLYTEMNESTRE, JEGINE.
CLYTEMNESTRE
.^gine, tu le vois, il faut que je la fuie : Loin que ma fille pleure et tremble pour sa vie, Elle excuse son père, et veut que ma douleur Respecte encor Iti main qui lui perce le cœur. 0 constance.' ô respect! Pour prix de sa tendresse, Le barbare à Tautel se plaint de sa paresse ^ ! Je l'attends. Il viendra m'en demander raison. Et croit pouvoir encor cacber sa trahison. Il vient. Sans éclater contre son injustice, Voyons s'il soutiendra son indigne artifice.
1 Ici la scène reste vide : Eriphile et sa confidente s'en vont d'un côté, Cljrtemnestre avec la sienne entrent de l'autre : défaut bien remarquable dans une tragédie dont la conduite est si justement admirée ; mais Racine a mieux aimé laisser la scène vide que de ne pas préparer l'atroce perfidie d'Eriphile. Il a jugé que ce défaut de liaison entre deux scènes étoit moins essentiel que le défaut de préparation d'un coup de théâtre si important pour l'intérêt. L'art est donc bien difficile, puisqu'il arrive quelquefois que le poëte n'a que le choix des défauts! (G.)
s Observez ce que c'est que d'adapter l'expression à la situation et au personnage. Si ce mot paresge n' étoit pas ici en dénigrement, ou si c'étoit Âgamemnon qui s'en servit, il ne seroit pas supportable. Il est ici pour lenUur, et vaut beaucoup mieux. (L.)