‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 170 sur 397 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE, iGGINE.

A6AMEMN0N.

Que faite&-voas, madame? et d'où vient que ces lieux PToflfrent point avec vous votre fille à mes yeux * ? Mes ordres par Arcas vous l'avoient demandée : Qu'attend-eiie? Est-ce vous qui Tavez retardée? A mes justes désirs ne vous rendez-vous pas ? Ne peut-elle à Tautel marcher que sur vos pas? Parlez.

GLTTBMIfESTRB.

S'il faut partir, ma fille est toute prête. Mais vous, n'avez-vous rien, seigneur, qui vous arrClc?

AGAMEMIfON.

Moi, madame?

CLTTEMNESTRE.

Vos soins ont-ils tout préparé?

AGAMEMNON

Calchas est prêt, madame, et Tautel est paré. J'ai fait ce que m'ordonne un devoir légitime.

CLTTEMNESTRE.

Vous ne me parlez point, seigneur, de la victime *.

1 Cest une idée très heureuse dans le plan de Racine, et une idée qui lui appartient, d^avoir tout arrangé de manière qu'Agamemnon soit obligé de venir chercher Iphigénie. C'est ainsi qu'on produit cette suspension qui tient le spectateur en transe. Le spectateur dit comme Clytemnestre :

Voyons s'il soutiendra son indigne artifice. Et l'effet redouble lorsque après les premiers mots Clytemnestre s'écrie, en voyant entrer sa fille :

Yenet, venei, ma fille : on if attend plus que vous.

Ce n'est pas tout encore d'avoir de belles situations : le sujet les donne quelquefois à Thomme médiocre ; mais l'homme habile sait aussi les préparer et les graduer pour en augmenter l'effet, et le grand poëte les remplit comme Racine. (L,)

i Comme dans cette tragédie l'intérêt s'échauife toujours de scène

AGAMEMNOX.

Qiit». me voulez-vous dire? et de quel soin jaloux.

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