‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 223 sur 397 · II · texte numérisé non relu

II

rc^ phëdre.

Digne sujet des vorax des filles de Minos. Que faisiez-TOUs alors? Pourquoi, sans Hippolyte, Des héros de la Grèce asserabla-i-il l'élite? Pourquoi, trop jeune encor, ne pAtes-vous alors Knlrer dans le vaisseau qui le mit sur nos bords? Par vous auroit péri le monstre de la Crète, Malgré tous les détours de sa vaste retraite : Pour en dévelop)>er rembarras incertain.

Ma sœur du fil fatal eût armé votre main. Mais non : dans ce dessein je Taurois devancée ^ ; L'amour m'en eût d'abord inspiré la pensée : C'est moi, prince, c'est moi, dont l'utile secours Vous eût du labyrinthe enseigné les détours. Que de soins m'eût coûtés cette tète charmante ' ! Un fil n'eût point assez rassuré votre amante : Compagne du péril qu'il vous falloit chercher 3, Moi-même devant vous j'aurois voulu marcher ; - El Phèdre, au labyrinthe avec vous descendue, So stM'oii avec vous retrouvée ou perdue*.

1 Cette fin du couplet n'est imitée de personne : c'est la passiort portée à son comble, c'est l'ivresse de Tamour, peinte avec les couleurs les plus brillantes, les plus vives, et les plus vraies. « Qnelk* u fécondité d'idées, de sentiments et d'images ! »» s'écrie ici M. Le Franc de Pompignan, dans sa lettre à Louis Racine. « Rien çV- « chappe à Phèdre amoureuse; ce que l'amour lui représente, elle " croit le voir ; et tout ce qu'elle voit, elle le rend visible au specta- M teur. »» { L. B.)

s Cette épithète, qui ne s'applique point à un homme dans le style noble, est ici justifiée et ennoblie par l'excès de la passion. Dans Bojazef, acte I, scène i, Acomat dit à Osmin, en parlant de la sultane :

Je plaignis Bajuet, je lai vantai ses charmes. (G.)

S Compagne du péril, pour votre compagne dans le péril, est une de ces finesses de diction qui la rendent poétique. Nous ne les faisons remarquer si rarement dans Racine que parcequ'elles s'oflfrent à tout moment. (L.)

4 Phèdre ne finit pas ici, comme dans Sénèque, par un aven formel de son amour, et par un mouvement qui en est la plus humiliante expression. L'égarement est porté à son comble, et son secret qui lui '•rhnppo n'est que le dernier degré da délire de la passion. On diroit

Page 1