‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 268 sur 397 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Qoi Toflro de ce roi les plus tendres soupirs : Du feu de ton amour j*alluine ses désirs. Du zèle qui pour toi Tenflanime et le dévore • \jk chaleur se répand du couchant à Taurore ^. Tu le vois tous les jours devant toi prosterné. Humilier ce front de splendeur couronné; Et, confondant Torgueil par d'augustes exemples, Baiser avec respect le pavé de tes temples. De ta gloire animé, lui seul, de tant de rois, S'arme pour ta querelle, et comhat pour tes droits. Le perfide intérêt, Taveugle jalousie.

S'unissent contre toi pour l'affreuse hérésie; La discorde en fureur frémit de toutes parts; Tout semble abandonner tes sacrés étendards: Et l'enfer, couvrant tout de ses vapeurs funèbres s. Sur les yeux les plus saints a jeté ses ténèbres. Lui seul, invariable et fondé sur la foi , Ne cherche, ne regarde, et n'écoute que toi ; RI, bravant du démon l'impuissant artifice, De la religion soutient tout l'édifice.

Grand Dieu, juge ta cause, et déploie aujourd'hui Ce bras, ce même bras qui combattoit pour lui, l>oi'sque des nations à sa perte animées Le Rhin vit tant de fois disperser les armées. D(3s mêmes ennemis je reconnois l'orgueil ; Ils viennent se briser contre le même écueil : Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières, Du débris de leurs forts ils couvrent ses frontières.

1 II s'agit ici des missions étrangères et des travaux apostoliques «dans l'Orient et dans le Nouveau -Monde, que Louis XIV encouragcoit |xar SCS bienEaits. (G.) *

t La Beaiunelle prétend que Jacques II, roi d'Angleterre, alors réfugié à la cour de France, ayant désiré de voir Esther, on en donna exprès pour lui une représentation remarquable par une magnificence ^extraordinaire. Selon lui, le roi et la reine d'Angleterre crurent reconiioitre le pape dans ce vers et dans le suivant. Il est certain qu'on en fit l'application au pape Innocent XI, alors brouillé avec la cour de France; mais cette application maligne étoit très éloignée derintention de l'auteur, qui aveit en vue les troubles de l'Angleterre et ceux de la France. (G.)

prologiJe. 4a5

Tu Jui donnes un fils prompt à le seconder, Qui sait combattre, plaire, obéir, commander; Un fils qui, comme lui, suivi de la victoire. Semble à gagner son cœur borner toute sa gloire; Un fils à tous ses vœux avec amour soumis. L'éternel désespoir de tous ses ennemis : Pareil à ces esprits que ta justice envoie. Quand son roi lui dit : Pars, il s'élance avec joie; Du tonnerre vengeur s'en va tout embraser. Et, tranquille, à ses pieds revient le déposer ^,

Mais, tandis qu'un grand roi venge ainsi mes injares. Vous qui goûtez ici des délices si pures, S'il permet à sou cœur un moment de repos, A vos jeux innocents appelez ce héros; Retracez-lui d'Esthcr l'histoire glorieuse, Et sur l'impiété la foi victorieuse.

Et vous, qui vous plaisez aux folles passions Qu^allument dans vos cœurs les vaines fictions. Profanes amateurs de spectacles frivoles. Dont l'oreille s'ennuie au son de mes paroles. Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité : Tout respire ici Dieu, la paix, la vérité,

1 Allusion à la campagne de 168», dams laquelle le grand dauphin prit Philipsbourg, Heidelberg, Manhcim, et conquit le Palatinat. (G,

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