‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 27 sur 397 · BAJAZET, ATALIDE, ZAÏRE · texte numérisé non relu

BAJAZET, ATALIDE, ZAÏRE

Cen est fait, j'ai parié, vous êtes obéie.

Vous n'avez plus madame, à craindre pour mn vie ;

Et je serois heureux, si la foi, si Thonneur,

Ne me reprochoient point mon injuste bonheur;

Si mon cœur, dont le trouble en secret me condamne,

Pouvoit me pardonner aussi bien que "Roxane.

Mais enGn je me vois les armes à la main ;

Je suis libre, et je puis contre un frère inhumain,

Non plus par un silence aidé de votre adresse.

Disputer en ces lieux le cœur de sa maîtresse.

Mais par de vrais combats, par de nobles dangers.

Moi-même le cherchant aux climats étrangers.

Lui disputer les cœurs du peuple et de Tarmée.

Et pour juge entre nous prendre la renommée.

Que vois-je? Qu'avez-vous? Vous pleurez ^î

ATALIDE

Non, seigneur.

Je ne murmure point contre votre bonheur : Le ciel, le juste ciel vous devoit ce miracle. Vous savez si jamais j'y formai quelque obstacle : Tant que j'ai respiré, vos yeux me sont témoins Que votre seul péril occupoit tous mes soins ; Et puisqu'il ne pouvoit finir qu'avec ma vie, C'est sans regret aussi que je la sacrifie. 11 est vrai, si le ciel eût écouté mes vœux, Qu'il pouvoit m'accorder un trépas plus heureux : Vous n'en auriez pas moins épousé ma rivale ; Vous pouviez l'assurer de la foi conjugale;

1 Voilà le genne du Zaïre j vous pleurez. La situation est plus rive dans Zaïre; le mot est mieux placé; il n'est pas précédé de ces locutions oiseuses que vois-je f qu'avez-vous î qui en détruisent tout l'effet .

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