ACTE I, SCÈNE III
C'est lui qui, m'excitant à tous oser chercher, Devant moi, chère Ësther, a bien touIu marcher; Et s'il Êiut que sa voix frappe en vain vos oreilles, Nous n'en verrons pas moins éclater ses merveilles. Il peut confondre Aman, il peut briser nos fers Par la plus foible main qui soit dans l'univers ; Et vous, qui n'aurez point accepté cette grâce. Vous périrez peut-être et toute votre race K
ESTHER
Allez : que tous les Juifs dans Suse répandus,
A prier avec vous jour et nuit assidus.
Me prêtent de leurs vœux le secours salutaire,
Et pendant ces trois jours gardent un jeûne austère *.
Déjà la sombre nuit a commencé son tour :
Demain, quand le soleil rallumera le jour,
Contente de périr, s'il faut que je périsse.
rirai pour mon pays m'ofTrir en sacrifice.
Qu'on s'éloigne un moment.
( Le chœur se retire vers le fond du théâtre.)
i « Car si vous demeurez maintenant dans le silence. Dieu trouvera qupique autre moyen pour délivrer les Juifs; et vous périrez^ vous, et la maison de votre père. » — Tout ce discours de Mardochée est d'une force et d'une éloquence vraiment divine. L'effet qu'il produit sur Esther est frappant et vraiment théâtral : elle n'oppose plus rien aux ordres de Dieu, qui lui parle par la bouche du prophète; elle ne raisonne plus, elle obéit. (G.)
t u Allez, assemblez tous les Juifs que vous trouverez dans Suse, et priez pour moi. Ne mangez point et ne buvez point pendant trois jours et trois nuits. Je jeûnerai de même avec les femmes qui me servent ; et après cela j'irai trouver le roi , contre la loi qui le défend, et sans y être appelée, en m' abandonnant au péril et à la mort. » {Esth., ch. IV, V. 16. ) — On sait que Racine avoit en vue l'institution de Saint-Cyr lorsqu'il plaça dans sa pièce les chœurs des jeunes Israélites. Le sujet de lui-même se prêtoit merveilleusement à l'allusion, puisque l'Ecriture dit expressément qu'Esther avoit des compagnes de la même religion qu'elle.
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