SCÈNE IV
ESTHER, ÉLISE, le choeur.
ESTHER
0 mon souverain roi ^ Me voici donc tremblante et seule devant toi! Mon père mille fois m'a dit dans mon enfance Qu'avec nous tu juras une sainte alliance,
1 « Mon Seigneur, qui êtes seul notre roi, assistez-moi dans l'abaBdonnement où je me trouve, puisque vous êtes le seul qui me puissiez secourir. Le péril où je me trouve est présent et inévitable. J'ai su de mon père, 6 Seigneur , que vous aviez pris Israël d'entre toutes les nations, et que vous aviez choisi nos pères en les séparant de tous leurs ancêtres qui les avoient devancés, pour vous établir parmi eux un héritage éternel : et vous leur avez fait tout le bien que vous leur aviez promis. Nous avons péché devant vous, et c'est pour cela que vous nous avez livrés entre les mains de nos ennemis : car nous avons adoré leurs dieux. Vous êtes juste, Seigneur ; et maintenant ils ne se contentent pas de nous opi)rimer par "une dure servitude ; mais, attribuant la force de leurs bras à la puissance de leurs idoles, ils veulent renverser vos promesses, exterminer votre héritage, fermer la bouche de ceux qui vous louent, et éteindre la gloire de votre temple et de votre autel, pour ouvrir la bouche des nations, pour faire louer la puissance de leurs idoles, et pour relever à jamais un roi de chair et de sang. Seigneur, n'abandonnez pas votre sceptre à ceux qui ne sont rien, de peur qu'ils ne se rient de notre ruine ; mais faites tomber sur eux leurs mauvais desseins, et perdez celui qui a commencé à nous faire ressentir les effets de sa cruauté. Seigneur, souvenez-vous de nous ; montrez-vous à nous dans le temps de notre afSiction, et donnezmoi de la fermeté et de l'assurance, ô Seigneur, roi des dieux et de toute puissance qui est dans le monde. Mettez dans ma bouche des paroles sages et composées en la présence du lion , et transférez son cœur de l'affection à la haine de notre ennemi, afin qu'il périsse luimême avec tous ceux qui lui sont unis. Délivrez-nous par votre puissante main, et assistez-moi , Seigneur, vous qui êtes mon unique secours, vous qui connolssez toutes choses, et qui savez que je hais la gloire des injustes, et que je déteste le lit des incirconcis et de tout étranger. Vous savez la nécessité où je me trouve, et qu'aux jours où je parois dans la magnificence et dans l'éclat, j'ai en abomination la marque superbe de ma gloire que je porte sur ma tête, et que je la