‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 325 sur 397 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Huit ans déjà passés, une impie étrangère ^ Du sceptre de David usurpe tous les droits *, Se baigne impunément dans le sang de nos rois, Des enfants de son fils détestable homicide, Et même contre Dieu lève son bras perfide ;

cère ? Il se trompe : il suffit de mettre une virgule après le mot point pour que la phrase, devenue correcte, se présente avec un tour aussi vif qu'inattendu. Dans Athalie, acte II, se. vu, on trouve un exemple de cette interruption pittoresque :

« Ce Diea depuis longlempa votre unique refuge, « Que deviendra reffct de ses prédictions? »

1 11 ne faut pas consulter la grammaire, mais la poésie, sur le mérite de ce tour heureux et rapide. La grammaire voudroit huit an$ sont déjà passé» depuis que. L'Académie, qui a fait cette observation, ajoute que Malherbe a la gloire d'avoir créé cette façon de parler, dans sa prosopopée d'Ostende. (G.)

î Ainsi, dès la première scène, Athalie est présentée comme n'ayant aucun droit au trône de Juda. Voltaire, dans les dernières années de sa vie, a prétendu f\M' Athalie est un ouvrage de très mauvais exemple, que Joad est un fanatique et un séditieux , qui fait égorger sa souveraine, à laquelle il a fait serment de fidélité. Mais ces points, sur lesquels il appuie sa censure, sont formellement démentis par l'histoire. Athalie n'est point la souveraine de Joad, puisqu'elle est usurpatrice et étrangère. Le légitime souverain de Juda, c'est Joas; Joad est donc le sujet de Joas seulement; en second lieu, Joad n'a fait aucun serment à Athalie, et jamais, dans la pièce, elle ne lui parle conmie à son sujet , comme jamais il ne lui parle comme à sa souveraine. Enfin il est impossible, selon la remarqiie de La Harpe, que Joad , à ne considérer même que son caractère et sa plaice , ait fait serment de fidélité à une étrangère impie, à qui il ne parle jamaip qu'avec horreur, lui qui est le dépositaire des destinées du jeune roi depuis sa naissance , lui qui est inspiré de Dieu comme Samuel , et l'organe des prophéties qui annoncent la perpétuité du sceptre dans la race de David. Un tel homme ne siLuroit être un sacrilège ; cela implique contradiction ; et Voltaire a non-seulement dit ce qui n*étoit pas, mais a supposé ce qui ne peut pas être. Au reste, on peut appeler du jugement de Voltaire vieux au jugement de Voltaire dans la force de l'âge, lorsqu'il écrivoit : <i La France se glorifie &\4.thalit: M c'est le chef-d'œuvre de notre théâtre ; c*est celui de la poésie ; c'est " de toutes les pièces qu'on joue la seule où l'amour ne soit point in- M troduit ; mais aussi elle est soutenue par la pompe de la religion , u et par cette majesté de l'éloquence des prophètes. »>

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