‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 326 sur 397 · II · texte numérisé non relu

II

i»K ATHALIE.

Et vous, Tun des soutiens de ce tremblant État S Vous, uourri dans les camps du saint roi Josapbat, Qui sous son fils Joram commandiez nos années, Qui rassur&tcs seul nos villes alarmées, Lorsque d*Ocbozias le trépas imprévu Dispersa tout son camp à Paspect de Jéhu : u Je crains Dieu, dites-vous; sa vérité me touche! » Voici comme ce Dieu vous répond par ma bouche : it Du zèle de ma loi que sert de vous parer > ?

1 Racine donne ici la plas haute idée d'Âbncr, personnage qu'il a créé, et dont il n'est fait aucune mention dans Josèphe ni dans TÉcriture. Louis Racine pense que ce caractère produit peu d'effet au théâtre. Il en produit beaucoup aujourd'hui. C'est un homme, dit-il, Vertueux à la vérité, mais incapable de grands desseins : il est du moins capable de mourir en combattant pour son roi ; il est capable de braver le courroux d'Athalie, de s'opposer en sa présence aux conseils pernicieux de son ministre, de faire entendre la voix de Thonneor et de la vérité dans une cour corrompue. Si ce ne sont pas là de grands desseins, ce sont de grandes actions, de grands traits de courage; et il seroit fâcheux qu'un guerrier si noble, si généreux, si intrépide, ne fit point d'efTet au théâtre, parcequ'il n'est ni ambitieux, ni conspirateur. Abner, plus entreprenant, n'auroit pu entrer dans le plau d'uiic action conduite par la puissance divine, dont Joad n'est que Tinstmment. (G.)

> Quelle vivacité, quel mouvement dans ce discours de Joad, qui joint la réponse à l'objection ; qui, dans la même phrase, fait parler Abner et fait parler Dieu ! ( G.) — « Qu'ai-je à faire de cette multitude de victimes que vous m'offrez 1 dit le Seigneur. Tout cela m'est à dégoût. Je n'aime point les holocaustes de vos béliers, ni la graisse de vos troupeaux, ni le sang des veaux, des agneaux et; des boucs. Lorsque vous veniez devant moi pour entrer dans mon temple, qui vous a demandé que vous eussiez ces dons dans les mains î Ne m'offrez plus de sacrifices inutilement. Apprenez à faire le bien : examinez tout avant que de juger ; assistez l'opprimé ; faites justice à l'orphelin, défendez la veuve, et après cela, venez. » (Isa., chap. i, vers. Il, 12, 13 et 17.'. — Jean-Baptiste Rousseau (liv. I, ode xi) ^ traduit aussi le verset 13 du psaume xux : « Numquid înanducabo carnes taurorum, aut san- « guinemhircorum potabo t » — « Mangerai-je la chair des taureaux, ou boirai -je le sang des boucs t »»

Que m'importent vos sacrifices, Vos offrandes, et \qs troupeaux?

Dieu bo\i-i\ \e «»»% iw ^feovMwt

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