JOAD, JOSABETH
JOAD
Les temps sont accomplis, princesse : il faut parler, Et votre heureux larcin ne se peut plus celer. Des ennemis de Dieu la coupable insolence, Abusant contre lui de ce profond silence, Accuse trop longtemps ses promesses d'erreurs ' . Que dis-je? Le succès, animant leur fureur, Jusque sur notre autel votre injuste marâtre * Veut offrir à Baal un encens idolâtre.
Montrons ce jeune -roi que vos mains ont sauvé. Sous Tailc du Seigneur dans le temple élevé. De nos princes hébreux il aura le courage. Et déjà son esprit a devancé son âge ^. Avant que son destin s'explique par ma voix, Je vais l'offrir au Dieu par qui régnent les rois: Aussitôt rassemblant nos lévites, nos prêtres. Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres *.
JOSABETH
Sait-il déjà son nom et son noble destin?
JOAp.
Il ne répond encor qu'au nom d'Éliacîn*,
1 Erreur pour fausseté ne parott pas exact. Il ne peut y avoir d'erreur dans les promesses; l'erreur ne peut être que dans celui qui promet au delà de ses moyens. Cependant ce mot peut passer dans un vers à la faveur d'une ellipse : accuser les promesses d'erreur, c'est les accuser de nous induire en erreur, de nous tromper. (6.)
8 Athalie étoit la belle-mère de Josabeth, fille de Joram. (6.)
» Ce vers prévient l'objection que les discours de Joas sont au-dessus de son âge, et dispose les spectateurs à regarder ce jeune prince comme un enfant merveilleux. (G.)
^ Quelle rapidité dans la marche de Taction ! Dès la seconde scène, au moment où l'on apprend pour la première fois que Joas, héritier du trône, existe daiïs le temple, on voit le grand prêtre prêt à déclarer sa naissance. (G.)
s u II n'a encore d'autre nom quo ce\\xi à'fevVicvTv. « CJfeVsvV Ni.vs.
MU
ATUALIE.
tt se croit quelque enfant i-vjeté par sa' mère, A qui j*ai |>ar pilii' thiigné sen'ir de père.
JOSABETH
Hélas! de quel péril je Tavois su tirer! Dans quel péril em^or il est prêt de rentrer!
JOAD
Quoi! déjà votre foi s^affoiblil et s'étonne?
JOSABETH
A vos sages conseils, seigneur, je m'abandonne. Du jour que j'arrachai cet enfant à la mort. Je remis en vos mains tout le soin de son sort; \lême, de mon amour craignant la violence, Autant que je le puis j'évite sa présence. De peur qu'en le voyant, quelque trouble indisc Ne fasse avec mes pleurs ('nrhapper mon secret. Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières. Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entiëi Cependant aujounl'hui puis-je vous demander Quels amis vous avez prêts à vous seconder? Abner, le brave Abnei* viendi'a-t-il nous défendi A-l-il prés de son roi fait serment de se rendre!
JOAD
Abner, quoiqu'on se pAt assurer sur sa foi. Ne sait pas même encor si nous avons un roi.
JOSADETII.
Mais à qui de Joas oonliez-vous la garde? Est-ce Obed, est-co Amnon que cet honneur rog; De mou père sur eux les bienfaits répandus ..
JOAD
A l'injusti^ Athalie ils se sont tous vendus.
Qui donc opposez-vous contre ces satellites ^ ?
petite chose à bien dire. Le poëte a trouvé moyen d'ci élégant : c'est en ne négligeant rien qu'on embellit tout,
1 Cette locution manque à la fois d'élégance et de < ne peut pas dire : un honneur qui regarde quelqu'un.
S Opposer ne peut se construire avec contre, puisque étymologie, il renferme Implicitement la signification d ponere, ponere 06, mettre devant, ou contre. On supposa une autre, et non contre une autre. Il falloit opposer à.