ACTE II, SCENE VII
ATHALIE
Que VOUS dit cette loi ?
JOAS
Que Dieu veut être aimé; . .
Qu'il venge tôt ou tî»rd son saint nom blasphémé; Qu'il est le défenseur de Torphelin timide ; Qu'il résiste au superbe, et punit Thomicide K
ATHALIE
J'entends. Mais tout ce peuple enfermé dans ce lieu, A quoi s'occupe-t-il ?
JOAS
Il loue, il bénit Dieu.
ATHALIE
Dieu veul-il qu'à toute heure on prie, on le contemple?
JOAS
Tout profane exercice est banni de son temple.
Quels sont donc vos plaisirs?
JOAS
Quelquefois à l'autel .le présente au grand prêtre ou l'encens ou le sel ; J'entends chanter de Dieu les grandeurs infinies: Je vois l'ordre pompeux de ses cérémonies.
a pas une qui soit au-dessus de la portée d'un enfant, mais d'un enfant nourri de la lecture des livres saints. L'esprit est confondu quand il veut se rendre compte de toutes les beautés renfermées dans l'entretien si simple d'une femme et d'un enfant. Toute cette pièce , dit La Harpe, est une merveille de l'art et du talent ; car il n'y en avoit aucun modèle, et rien n'y a ressemblé depuis. Il faut encore remarquer, avec Geoffroy, que, dans ce second interrogatoire, les réponses de l'enfant deviennent plus fortes, et prennent im plus grand caractère; elles sont pour Athalie autant de reproches sanglants qui l'offensent et qui l'irritent.
t La réponse en elle-même est parfaite ; car il n'y a pas là un mot qui ne soit dans les livres saints. Mais ces quatre vers, comme presque tous ceux que l'auteur met dans la bouche de Joas, ont un mérite théâtral, celui d'offrir un rapport sensible, ou avec lui-même, ou avec Athalie. Ici le premier vers, que Dieu veut être aimé, est pour tout le monde : le second et le quatrième sont pour Atiialie, et l'application ne lui échappe pas, car elle répond par ce ^t«tB\«tTBw'cA.Vx^^«twsxmarquable, f entends. Le troisième vexs est -çomx 3ïs%». VVN
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700 ' ' ATHALIE
ATBALIE.
Hé quoi! vous Wvtei point de passe-temps plus doux * ? Je plains le triste iiorl d'un enfant tel que vous. Venez dans mon palais, vous y verrer ma gloire.
JOAS
Moi! des bienfaits de Dieu je perdrois la mémoire?
ATHALIE
Non, je ne vous veux pas contraindre à Toublier.
JOAS
Vous ne le priez point.
ATHALIE
Vous le pourrez prier.
JOAS
Je verrois cependant en invoquer un autre.
ATHALIE
J'ai mon Dieu que je sers; vous servirez le vôtre : <ie sont deux puissants dieux.
JOAS
\\ faut craindre le mien :
Lui seul est Dieu, madame, et le vôtre n'est rien.
ATHALIE
I^s plaisirs près de moi vous chercheront en foule.
JOAS
Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule.
ATHALIE
Ces méchants, qui sont-ils*?
JOSABETH
Hé, madame ! excusez Un enfant...
ATHALIE , à Josabeth.
J'aime à voir comme vous instruisez.
, Enfin, Éliaciu, vous avez su me plaire ; Vous n'ête's point sans doute un enfant ordinaire. Vous voyez, je suis reine, et n'ai point d'héritier :
1 Tl pou voit mettre à^ amusement : mais, quoique poêse.- temps ne soit pas noble en vers, il convient en parlant à un enfant ; et ce n'est pas sans raison que Racine Ta employé. ( L. R.)
1 Athalie, qui dans sa cbnscience se fait ràpplication de ce mot méchants, prend ici un ton plus sévère. Josabeth, qui voit sa colère HUT îe point d'éclater, se hâte d'eTucwset Ywv\wvX\'bmi\* k^CM^Vb.^ ^ <^ui