ACTE III, SCENE VU
Qui d'un tel suppliant ne plaignit Tinfortune? Sa cause à tous les rois n*est-elie pas commune?
JOAD
Quels timides conseils m^osez-vous suggérer? En Tappui de Jébu pourriez-vous espérer?
JOSABETH
Dieu défend-il tout soin et toute prévoyance? Ne Toffense-t-on point par trop de confiance? A ses desseins sacrés employant les humains, N*a-t-il pas de Jéhu lui-même armé les mains?
JOAD
Jéhu, qu*avoit choisi sa sagesse profonde,
Jéhu, sur qui je vois que votre espoir se fonde,
D'un oubli trop ingrat a payé ses bienfaits :
Jéhu laisse d'Achab Taffreuse fille en paix.
Suit des rois d'Israël les profanes exemples.
Du vil dieu de TÉgypte a conservé les temples;
Jéhu, sur les hauts lieux enfin osant offrir
Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrîr S
N'a pour servir sa cause et venger ses injures
Ni le cœur assez droit, ni les mains assez pures.
Non, non : c'est à Dieu seul qu'il faut nous attacher.
Montrons Éiiacin ; et, loin de le cacher.
Que du bandeau royal sa tête soit ornée :
Je veux même avancer l'heure déterminée.
Avant que de Mathan le complot soit formé.