SCÈNE II
JOAD, JOSABETH, ZAGHARie, SALOMITH, ABNËR,
ISMAEL, DEUX LEVITES, LE CHOBUR.
JOAD
En croirai-je mes yeux, Cher Abner ? Quel chemin a pu jusqu'en ces lieux Vous conduire au travers d'un camp qui nous assiège? On disoit que d'Achab la fille sacrilège A voit, pour assurer ses projets inhumains, Chargé d'indignes fers vos généreuses mains.
ABNER
Oui, seigneur, elle a craint mon zèle et mon courage; Mais c'est le moindre prix que me gardmt sa rage. Dans l'horreur d*un cachot, par son ordre enfermé, J';ittendois que, le temple en cendre consumé. De tant de flots de sang non encor assouvie. Elle vint m'affranchir d'une importune vie. Et retrancher des jours qu'auroit dû mille fois Terminer la douleur de survivre à mes rois.
JOAD
Par quel miracle a-t-on obtenu votre grâce?
ABNER
Dieu dans ce cœur cruel sait seul ce qui se passe. Elle m'a fait venir; et d'un air égaré : <( Tu voik de mes soldats tout ce temple entouré, '( Dit-elle; un fer vengeur va le réduire en cendre •, « Et ton Dieu contre moi ne le sauroit défendre. « Ses prêtres toutefois, mais il faut se h&ter,
' Un fer peut réduite etv poussière^ mais il ne peut réduire en cendre.