ACTE V, SCENE VI
De son icmpie profane on a brisé les portes; Mathan est égorge *.
Dieu des Juifs, tu l'emportes^!
Oui, c'est Joas; je cherche en vain à me tromper : Je reconnois Tendroit où je le lis frapper; Je vois d'Ochosias et le port et le geste; Tout me retrace enfin un sang que je déteste. David, David triomphe ; Achab seul est détruit. Impitoyable Dieu, toi seul as tout conduit! C'est toi qui, me flattant d'une vengeance aisée. M'as vingt fois en un jour à moi-môme opposée : Tantôt pour un enfant excitant mes remords. Tantôt m'éblouissant de tes riches trésors. Que j'ai craint de livrer aux flammes, au pillage. Qu'il règne donc ce fils, ton soin et ton ouvrage; Et que, pour signaler son empire nouveau, On lui fasse en mon sein enfoncer le couteau ! Voici ce qu'en mourant lui souhaite sa mère ^ : Que dis-je, souhaiter! Je me flatte, j'espère Qu'indocile à ton joug, fatigué de ta loi. Fidèle au saug d' Achab, qu'il a reçu de moi. Conforme à son aïeul, à son père semblable, On verra de David l'iiérilier détestable
<• « Et tout le peuple étant entré dans le temple de Baal, ils renversèrent ses autels, brisèrent ses images en cent pièces , et tuèrent Mathan, prêtre de Baal, devant l'autel.» {Rois, Hv. IV, ch. xi, vers. 18.)
* Cette exclamation est sr.blime ; c'est le Christe, vicisti ! de Julien l'apostat. (L. B.) — La tragédie tout entière n'est que le tableau du combat de Dieu contre Athalie, combat dans lequel Dieu daigne s'engager pour instruire les rois, consoler les opprimés, et faire trembler les oppresseurs. (G.)
S L'atrocité des crimes d' Athalie, le sang de ses enfants dans lequel elle s'est baignée sans pitié, la volonté de Dieu, dont le grand prêtre est l'interj^rète, sauvent tout Todieux qui pourroit résulter pour Joas de commencer son règne par le meurtre de son aïeule. Quelle fiertt^, quelle énergie dans ces imprécations 1 Ce ne sont pas de vaines déclamations : l'histoire nous apprend qu'elles tve Ç>w«tiVv^^N.x<.>^"^R.^'s«^pUes. (G.) ^
586 A1HALIE.
Abolir les liooDeiin, profiuier ton aale!. Et Tenger Atbalie, Achab et Jénbel.
(Albslic tort, les lévites le suivent.!
JOAD
^*à rinstânl hors da temple elle soit emmenée ^ Et que la sainteté o^en soit pas pro&née. Allei, sacrés vengeurs de vos princes meurtris *, De leur sang par sa mort fiure cesser les cris. Si qvelque audacieux embrasse sa querelle, Qiri la fureur du glaive on le livre avec elle.