‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 43 sur 397 · ACTE nr, SCÈNE V. (Sïi · texte numérisé non relu

ACTE nr, SCÈNE V. (Sïi

Ils se joooient taos deox de ma crédulité! Qoel penchjjit, quel plaMr Je leotois à les croire! Ta ne rempoitois pas ane graode victoire \ Perfide, en abusant œ cœur pri-occirpé, Qui lui-même craignoit de se voir délrouipt'I Moi qid, de œ haut rang qui me rendoit h! fleure, Dsms le sein da malheur t*ai cherché U première, Pour attacher des Jours tranquilles, forluufs. An périls dont les jours étoient envirouni>9 *. Après tant tie bontés, de soins, d'ardeurs extrêmes, Td ne saurois Jamais prononcer que tu m*ainies! Mais dans quel souvenir me laissé-je égarer? Ttt pleures, malheureuse! ah! tu devois pleurer *

à la paation, se répond qu'à m propre peniëe. Nous arom déjà rvlaarqaé qb artUIce semblable de ityle dans le nMc d'Hennlone. Racine est le premier qui ait tiré des effets admiraUca de cette préoccupation qui fait tout oublier.

t Quelques, commentateurs veulent trouver ici une imitation du discours de Jonon {jSneid., lib. IV, v. d3), mais les deux personnages ne sont pas animés des mêmes sentiments. Ce <iui chez Junon est une ironie, cbes Rozane devient un reproche touchant ; et quoique levers

Ta M resiportoit pu an« grande virluire

paroime une traduction de egregiam laudem, et npolia ampla rcfertis, il nous est démcnitité que Bacine, en écrivant ces vers, ne pouvoit loager à iaiiter un discours qui n*a nul rapport avec celui de Rozane. Ea générai, il fant se défier de cette manie de certains auteurs, qui eroisnt letronver dans les anciens Jusqu'aux pensées les plus ordi- . naires dss poëtes modernes. La plupart des conunentateurs de Racine «wt plains de oea rapprochements forcés. Nous n'avons traduit que les pavages dont limitation nous a paru évidente.

S Aitaeker det jours à des périls : il étoit imposable d'exprimer' avec pins d'énergie les sacrifices que Roxane faisoit à son amant. C'est eaeove an de ces tours hardis créés par Racine, et dont la justesse égals la richesse poétique.

S Cest Virgile qui a fourni à Racine cette heureuse figure; le poïte lalia fait dire à Bidon :

« Infelix Dido, nane te ftta impis tangunt ! « « Tum decuit, cum sceptn daba*. »

M Malheureuse Didon, tu pleures maintenant ta cruelle destinée !

Lorsque, d'un vain désir à ta perte poussée,

Tu conçus de le voir la première pensée.

Tu pleures! et Tingrat, tout prêt à te trahir,

Prépare les disœurs dont il veut féblouir; vPour plaire à ta rivale, il prend soin de sa vie.

Ah ! traître, tu mourras!... Quoi, tu n'es point partie * ?

Va. Mais nous-môme allons, précipitons nos pas :

Qu'il me voie, attentive au soin de sou trépas,

Lui montrer à la fois, et Tordre de son frère,

Et de sa trahison ce gage trop sincère.

Toi, Zatime, retiens ma rivale en ces lieux.

Qu'il n'ait, en expirant, que ses cris pour adieux *, i Qu'elle soit cependant fidèlement servie; , Prends soin d'elle : ma haine a besoin de sa vie. j Ah ! si pour son amant facile à s'attendrir,

La peur de son trépas la fit presque mourir,

Quel surcroît de vengeance et de douceur nouvelle

De le montrer bientôt pâle et mort devant elle,

De voir sur cet objet ses regards arrêtés

Me payer ies plaisirs que je leur ai prêtés !

Va, retiens-la. Surtout, garde bien le silence.

Moi... Mais qui vient ici différer ma vengeance?

Ah ! tu devois pleurer quand tu livrols au perfide ton cœur et ton empire! » {JEneid., lib. IV, v. 696 et 597.)

1 Tout est animé dans ce monologue, tout est plein, non pas de ce désordre artificiel et factice que les poètes emploient pour faire briller un acteur ou une actrice, mais de ces traits d'une passion véritable qui pénètrent le cœur. Boxane revient tout à cou^ à sa vengeance; et c'est Atallde plus encore que Bajazet qui allume sa fureur. (6.)

2 Expression très poétique^ qui semble une imitation de ce vers du Cid :

Nous laissent pour adiea leurs cris époarantables.

Il est remarquable que ce beau vers ayant été critiqué par TAcadé- ' mie. Corneille )ui substitua le vers suivant, qui est bien loin d'offrir une aussi grande imaf;e :

Poussent jnsqoes aux cicux des cris épouvantables.

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