ACTE I, SCÈNE I. fsi
Bajazet aujourd'hui m'honore et me caresse; Ses périls tous les jours ré?eillent sa tendresse : Ce même Bajazet, sur le trône affermi , Méconnottra peut-être un inutile ami.
Et moi , si mon devoir, si ma foi ne Tarrôte, S'il ose quelque jour me demander ma tète... Je ne m'explique point, Osmin ; mais je prétends Que du moins il faudra la demander longtemps. Je sais rendre aux sultans de fidèles services, Mais je laisse au vulgaire adorer leurs caprices. Et ne me pique point du scrupule insensé De bénir mon trépas quand ils l'ont prononcé i. Voilà donc de ces lieux ce qui m'ouvre l'entrée, Et comme enfin Roxane à mes yeux s'est montrée. ■ Invisible d'abord, elle enteadoit ma voix. Et craignoit du sérail les rigoureuses lois; Mais enfin, bannissant cette importune crainte Qui dans nos entretiens jetoit trop de contrainte. Elle-même a choisi cet endroit écarté.
Où nos cœurs à nos yeux parlent en liberté. Par un chemin obscur une esclave me guide. Et... Mais ou vient : c'est elle et sa chère Atalide. Demeure; et, s'il le faut, sois prêt à confirmer Le récit important dont je vais l'informer *.
1 Les vers précédents peignent les Turcs, et ces deux-ci peignent Âcomat. On sent que ce vieux guerrier est bien capable de s'élever audessus des préjugés religieux de sa nation, et il le fait sentir en deux mots. Cette scène excède la mesure ordinaire : elle a plus do deux cents vers. Pourquoi ne parott-elle pas trop longue! Cest qu'il n'y a rien d'inutile ; c'est que partout on y admire la fidélité dans les mœurs, et l'élégance dans l'expression. (L.) — On a fait à Racine quelques chicanes grammaticales sur cette façon de parler, prononcer le trépas ; elle est très Juste, Uès belle, et très heureuse. Prononcé vaut mieux qu^ordonfié, et, dans cette occasion, a tout à fait le même sens. (G.)
î Acomat me parait l'effort de l'esprit humain. Je ne vois rien dans l'antiquité, ni chez les modernes, qui soit dans ce caractère; et la beauté de la diction le relève encore : pas un set)l vers ou dur oa faible ; pas un mot qui ne soit le mot propre ; jamais de sublime hon d'œuvre, qui cesse alors d'être sublime ; jamais de âôaaetXA.Xi'QiQL ^tcnaor^ gère BU ntjet, toutes les convenances parfaitement o\>«er9^.'Sates^