‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 61 sur 397 · ACTE I, SCÈNE 1 Icr · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE 1 Icr

*Je redoulai du roi les cnielUs :ininui>>: Ta sais combien de fois ses j.iloiisi*N tiMidrfssoo Ont pris soin d^assurur la mort dt; s «s 111:1 Itressov Je Tolai vers Nymphée ; ut ni&s tristt*s rufcards Rencontrèrent Phâmace a» pitMl iU* ses renip:irts. Ten conçus je Tavoue, un prv'sa^t; fiiii(>st(\ Tu nous reçus tous deux, el tu s;iis tout le tM^iv. Phamacc, en ses desseins toujours iiii|N'iueux, \e dissimula point ses vœux prÔMmiptueux : De mon père à la reine il œnta la disgrans Uassnra de sa mort, et s*oflrrii en sa place. Comme il le dit, Arbatè, il veut l'oxiMMitor >. Mais enfin à mon tour je prétends cchiter : Autant que mon amour respctia la puissance IXun père à qui je fus dévuué dès reiit'aiicf. Autant ce même amour, maintenant rcvolttN De ce nouveau rival brave rautoriié.

Ou Monime, à ma flamme elle-même ooiitr. ir<\ Condamnera Tavcu f|ue je prétends lui faiiv; Ou bien, quelque malheur qu^il en puisse avenir -\ Ce n*est que pr ma mort qu^nn la peut obtenir. VoiËi tous les secrets que je v<inlois t'apprendre. Cest à toi de choisir quel parti tu dois prendre: Qui des deux le paraît plus di^ne de ta foi. L'esclave des Romains, ou le iils de ton roi. Fier de le«r amitié, Pharnace croit peut-être Commantler dans Nymphée, et me parier en niaitiv. Mais ici mon |iouvoir ne connaît point le sien : Le Pont est son partage, et Colchos est le mien -^ ;

1 Le pronom le, qui est deux fois dans ce vers, ne tv ruppurte absolument à rien, et ce n'est pas ici le cas d'une ellipse élégante ou passionnée : c'est une simple inadvertance du poète.

î Avenir, par corruption pour advenir, est banni depuis longtemps du discours soutenu. On dit Famiiièremctit il advint; mais f^'arenir on a conserré, toujours daYis le discours familier, avenant^ avenante, qui signifie plus qa* agréable.. (L) — L'Académie admet le mot, elle dit seulement qu'il est familier.

S Quelques savants prétendent qu'il n'y « point dans la ColchiJc dfe ville qui s'appelle Colchos. Colchos n'est pas non plus le nom d'uni* région, d'une province, comme Luneau se l'imagine. Colchnx est nn

um MITHRIDATE.

Et ron sait que toujours la Golcbide et ses princes Ont compté ce Bosphore au rang de leurs provinces K

ARBATE.

Commandez-moi, seigneur. Si j'ai quelque pouvoir. Mon choix est déjà fait, je ferai mon devoir : Avec le même zèle, avec la même audace Que je servois le père, et gardois cette place. Et contre votre frère, et même contre vous, Après la mort du roi, je vous sers contre tous ^. Sans vous, ne sais-je pas que ma mort assurée De Pharnace en ces lieux alloit suivre rentrée? Sais-je pas que mon sang, par ses mains répandu, Eût souillé ce rempart contre lui défendu? Assurez-vous du cœur et du choix de la reine; . Du reste, ou mon crédit n'est plus qu'une ombre vaine. Ou Pharnace, laissant le Bosphore en vos mains, Ira jouir ailleurs des bontés des Romains.

XIPHARÈS

J^ne n? devrai-je point à cette ardeur extrême î

nom de peuple : c'est l'accusatif de Colchiy Colchorum. Il est vrai que Racine en parle toujours comme d'une vi)le :

Je le puis à Colchos, et je le pois ici.

Hossuet, Rollin, l'abbé Gédoyn dans sa traduction de Pausanias, appellent Colchos une ville. Quand ils se seroient tous "trompés avec Racine, ce seroit, dans une tragédie, une faute bien légère ; et ce n'est pas ici le lieu de placer une dissertation grammaticale et géographique. (G.)'

1 L'usage veut qu'on dise mettre au rang et compter au nombre; mais cet usage n'est une loi que pour la prose. Cette scène est écrite avec une élégance si naturelle, que La Motte-Houdard l'a choisie pour ])rouver l'inutilité de la versification : il a mis en prose les vers de Racine, et il n'a eu besoin pour cette opération que de rompre la mesure : tant le style de Racine est pur, correct et facile 1 Mais La Motte, au lieu de faire par là triompher sa cause, s'est avoué vaincu, puisqu'il a prouvé par le fait que les bons vers réunissent à toutes les qualités d'une bonne prose une grâce, une harmonie, une vivacité, auxquelles la prose ne peut atteindre : la scène de La Motte est élégante et bien écrite^ mais froide et ennuyeuse, en comparaison de celle de Racine. (G.)

2 L'inversion de ces quatre vers est dure; et la répétition de la conjonction ef rend la phrase extrêmement pénible. (G.)

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