ACTE II, SCENE IV. tâ!l
Vous-même, cPan autre œil me verriez-vous, madame. Si ces Grecs vos aïeux revivoient dans votre amc? Et puisquUi faut enfin que je sois votre (>|k»ux, N*étoit-i! pas plus noble, et plus digne de vous. De joindre à ce devoir votre propre siifTrjKe, D*opposer votre estime au destin qui nroiitrage >, Et de me rassurer, en flattant ma douleur. Contre la défiance attachée au malheur?
Hé quoi! n^avez-vous rien, madame, à me n'|K)ndn>? Tout mon empressement ne sert qu'à vous ctmfomin*. Vous demeurez muette; et, loin de me parler. Je vois, malgré vos soins, vos pleurs prêts à couler.
MOMMR.
Moi, seigneur? Je n*ai point de larmes à rt'*pandn'. Tobéis : n*est-ce pas assez me f;iire entendre? Et ne suffitr-il pas...
Non, ce n'est pas assez.
Je vous entends ici mieux (|ue vous ne pensez : Je vois qu^on m'a dit vrai. Ma juste jalousie Ht yos propres discours est trop bien (H^laircie : Je vols qu*un fils perfide, épris de vos beautés, Vous a parlé d'amour, et (lue vous l'écoutez. Je TOUS jette pour lui dans des craintes nouvelles ; Mais il jouira peu de vos pleurs infidèles,
gloire^ qu'on a tant critiqué; car plus les fautes sont rares, moins on les pardonne. Quant à moi, Je truuvcrois la Justification de ce vers précisément dans ce qu'on a dit pour lu blâmer. On a cherché où pou- Toit être Yimage d'un naufrage élevé au-dessus d'une gloire ; et pourquoi y chercher une imaf^ î pourquoi ne seroit-ce pas tout simplement une idée! et en quoi est-elle mal rendue! Ne diroit-on pas bien, même en vers, mon naufrage m'élève au-dessus de leur gloire I Qu'a fait le poëte, que de mettre le naufrage à la place de la personne ! Cest toiyours la seule idée de supériorité qu'il a voulu exprimer, sans prétendre faire un tableau ; et tout se réduit ici à une métonymie très permise. (L.)
i Vers qui relève et embellit encore celui qui le précède. La pensée qu'il renferme est aussi noble, aussi délicate que juste : rien n'est plus théâtral que la situation d'une femme entre l'amour et la vertu, ont rit le devoir et le sentiment. (O.)
Il 9
Madame ; et désonnais tout est sourd à mes lois, Ou bien vous l'avez vu pour la dernière fois. Appelez Xipharès^.
MONTME.
• Ah! que voulez-vous taire?
Xipharès...
MITH&IDATB.
Xipharès n'a point trahi son père :
Vous vous pressez en vain de le désavouer; Et ma tendre amitié ne peut que s'en louer. Ma honte en seroit moindre, ainsi que votre crime, Si ce fils, en effet digne de votre estime, A quelque amour encor avoit pu vous forcer. Mais un traître qui n'est hardi qu'à m'offenser. De qui nulle vertu n'accompagne l'audace, Que Pharnace, en un mot, ait pu ])reiidre ma place, Qu'il soit aimé, madame, et que je sois haï...