‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 81 sur 397 · ACTE II, SCÈNE V. i:>l · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V. i:>l

Ua fils audacieux insulte à ma ruine.

Traverse mes desseins, m*outraf(e, m'assassine,

Aime la reine enfin, lui plah, et me ravit

Un cœur que son devoir à moi seul assenit.

Heureux pourtant, «heureux, que dans cette disgrâce

Je ne puisse accuser que la uiaiii de riianiace;

Qu'une mère infidèle, un fn*re audacieux,

Vous présentent en vain leur exemple mlieux l

Oui, mon fils, c^est vous seul sur qui je me refMKve,

Vous seul qu^aux grands desseins (|ue mon C(t'ur se proftose

J*ai choisi dès longtemps pour digne compa^nion,

L'héritier de mon sceptre, et surtout de mon nom.

Phaniacc, eu ce moment, et ma flamme oflenstT,

Ne peuvent pas tout seuls occui>er ina [>ens(''e :

D'un voyage im|)ortant les soins et h^s apprêts.

Mes, vaisseaux qu'à partir il faut tenir tout pi-èts.

Mes soldats, dont je veux tenter la complaisance.

Dfans ce même moment demandent ma présence.

Vous cependant ici veillez pimr mon repos,

D'un rival insolent arrêtez les complots :

Ne quittez point la reine; et, s'il se peut, vous-même

Rendez-la moins contraire aux vœux d'un roi (pii l'aime.

Détournez-la, mou fils d'un choix injurieux :

Juge sans intérêt, vous la convaincrez mieux.

En un mot, c'est assez éprouver ma foiblessi^ :

Qu'elle ne pousse point celte même tendresse.

Que sais-je ! à des fureurs dont mon c(cur outragé

Ne se repentiroit qu'après s'être vengé*.

t Cette pensée semble imitée d'Ovide, qui fait dire à Médée : « Quo feret ira, scqiiar : farti furlasse pigebit. » M Tout ce que la colère m'inspirera, je le ferai, dussé-je m'en repentir. •»

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