‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 82 sur 397 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MONIME, XIPHARÉ».

XIPHARÈS

Que dirai-je, madame? et comment dois-je entendre Cet ordre, ce discoui's que je ne puis comprendre ? Seroit-il vrai, gi-ands dieux ! que, trop aimé de vous, Ptiarnace eût en effet mérité ce courroux? Pharuâce auroit-il part à ce désordre extrême?

MONIME

Pharnace? 0 ciel! Phamace! Aii! qu'entends-je moi-même?

Ce n'est donc pas assez que ce funeste jour

A tout ce que j'aimois m'arrache sans retour,

£t que, de mon devoir esclave infortunée,

A d'éternels ennuis je me voie enchaînée?

Il faut qu'on joigne encor l'outrage à mes douleurs!

A l'amour de Pharnace on impute mes pleurs!

Malgré toute ma haine on j^eut qu'il m'ait su plaire!

Je le pardonne au roi, qu'aveugle sa colère.

Et qui de mes secrets ne peut être éclairci ;

Mais vous, seigneur, mais vous, me traitez-vous ainsi ?

XIPHARÈS

Ah ! madame, excusez un amant qui s'égare, Qui lui-même, lié par un devoir barbare, Se voit près de tout perdre, et n'ose se venger. Mais des fureurs du roi que puis-je enfln juger ? Il se plaint qu'à ses vœux un autre amour s'oppose : Quel heureux criminel en peut être la cause? Qui ? Parlez.

MONIME

Vous cherchez, prince, à vous tour men 1er. Plaignez votre malheur, sans vouloir l'augmenter.

XIPHARÈS

Je sais trop quel tourment je m'apprête à moi-même. C'est peu de voir un père épouser ce que j'aime : Voir encor un rival honoré de vos pleurs, Sans doute, c'est pour moi le comble des malheurs;

Page 1