ACTE II , SCENE VI. rc
Quoi ! j*aurai pu loucher un ctiMir l'oniiiiu le vôtre. Vous aurez pu m*ainier; et (*C|K:ii(luiit un anin* Possédera ce cœur dont j'attinus les vd'ux 1 Père ipjuste, cruel, niais d'ailleui*N mal heureux!... , Vous voulez que je fuie, et ((ue je vous (>vii(*r Et cependant le roi nrattaclie à V(»trtr suite. Que dira-4-il?
MOMMt:.
N'ini|M>rle, il nie faut (»lN>ir.
Inventez des raisons qui puissent reblonir. D*un héros tel que vous e*est là IVllort sn prisme : Cherchez, prince, cht^nrhez, |M)ur vous (raliii* vous-nii^nie. Tout ce que, pour jouir de leuis eoiitentements, L^amour fait inventer aux vul{;aii'es amante. Enfin, je me connais, il y va di; ma vi(^ : De mes foibles efforts ma vertu s(i i\v\\v.. Je sais qu*en vous voyant, un tendre souvenir Peut m'arrachcr du cu'ur quelque indif^nt» s4Mq)ir : Que je verrai mon ame, en seeret dtVhiree, Revoler vers le bien dont elle est si'paive; Mais Je sais bien aussi que, s**!! dé]»end de vuus De me I^ire chérir un souvenir si doux, Vous n*empéclierez pas qut; ma gloire offensi'e PTen punisse aussitôt la coupable (H.*ns(''e ; Que ma main dans mon cœur ne \()ns aille chercher. Pour y laver ma honte, et vous en arracher. Que dis-je? En ce moment, le dernier (|ui nous reste. Je me sens arrêter par un plaisir funeste* :
1 Quelle attendrissante douceur dans n-s vers et dans tout oe morceau ! Relisez-le depuis ces mots : Enfin, jf me connais, etc.. et lisez ensuite celui-ci de Pauline, qui dit à pt-u près les m^-mes rhnsos :
H^las ! cette vertu , quoique eiilin invinriblo. Ne lais!<e que trop voir une ame trop si'nsihle. Ces pleur.i eu nout témoins, et rci» lâi'hes Moupir» Qu'arrarhent de iioii rirurif les miels souveuirK : Trop rigoureux effets d'une aimable présence. Contre qui mon devoir a trop peu de défense ! Mais, si vou-* esliniex ce géuéreui devoir. Conservez-m'en la gloire, et cessez de me voir. Épargnez-moi de< pleur» qui coulent à ma honte.
Plus je vous parle, et plus, trop foible que je suis,
Je cherche à prolonger le péril que je fuis.
Il faut pourtant, il faut se faire violence :
Et, sans perdre en adieux un reste de constance,
Je fuis. Souvenez-vous, prince, de m'éviter;
Et méritez les pleurs que vous m'allez coûter.
XIPHARÈS
Ah, madame!... Elle fuit, et- ne veut plus m'entcndrc. Malheureux Xipbarès, quel parti dois-tu prendre? On t'aime, on te bannit : toi-même tu vois bien Que ton propre devoir s'accorde avec le sien : Cours par un prompt trépas abréger ton supplice. Toutefois attendons que son sort s'éclaircisse ; Et s'il faut qu'un rival la ravisse à ma foi, Du moins, en expirant, ne la cédons qu'au roi.
Épargnez-moi des feux qu'à regret je surmonte ;
Enfin épargnei-moi ces tristes entretiens,
Qui ne font qu'irriter vos tourments et les miens.
Polyeucte, act. II, se. ii.
Malgré les fautes et les négligences, ces vers disent ce qu'ils doivent dire ; ils ne sont pas mauvais, et les sentiments intéressent. Ceux de Racine pénètrent l'ame et enchantent Toreille. Pourquoi! c'est qu'il a senti ce que Corneille n'a fait que penser. (L.)
PIN DU SECOND ACTE