‹ Œuvres dramatiques, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par m. Aimé-MartinChapitre 87 sur 397 · ACTE III, SCKM- I IH · texte numérisé non relu

ACTE III, SCKM- I IH

Ah! s'ils ont pu choisir poiir leur litxTJti'iir

Spârtâcus, un escluve, un vil ^ludiaU'ur:

S*ils suivent au combat des brigaiuls «|iii le^ vimi^i'IH.

De quelle noble arcleur p(Misc*z-vous tiirils m* rjn^oiit

Sous les drapeaux d*uu roi U)iigleni|is \i(ii»n«'U\.

Qui voit jusqu'à Cyrus remonter ses aïenv?

Que dis-je? Eu quel èlat eniye/.-vou> la ^urpit-ndre?

Vide de légions qui la puissent défend i-e.

Taudis que tout s'occu|m: a me [NTsirutiT,

Leurs femmes, leurs enfants, |Muirroiil-ils nrant^ln?

Marchons, et dans son sein ii'jelons eetli* i^nerrc

Que sa fureur envoie :iu\ deux iMHits de i:i tfriv.

Attaquons dans leurs murs ces nMiqucrints >i li«'rsi;

Qti'ils tremblent, à leur tour, pour leurs jinipnrs foytTs.

.Vnoîbal Ta pnVdit, oroyons-en ce i^nuid liomini? :

Junais on ue vaincra les Rninuins que dans liome.

Noyuns-la dans son sang justement n-pandu ;

Brûlons ce Capitole, où j*étois attendu;

IHinisons ses honneurs, et faisons dispaitiltre

IjfMnte de cent rois, et la mieime peut-rtn^';

fi. la flamme à la main, efra(;ons tous cts noms

^ Rome y consacroit à d'éternels afTiunts.

' Comme on ne prononce point Vr duns ffiy§'rs. In rime n'c^l i|tir •NHir les yeux. Il étoitsi aist'Mlv mettre rvx ronijurnin/s nititrs, qu'on ea doit conclure plus que jamais qu'au mvcW <l«>riiier on rrRnrdoit comme la première règle de rimer ))our 1rs yrux. Ainsi vous verrez dans la même pièce à In foi» et rrconnoi*^ qui ne riment pan autrcneat, et quelques autres rimes du m/inu K(-'nre. (L.l .* Et la mienne peut-être.: ce dcrni«T irait est profond. II sort d'un cœur ulcéré, tt produit d'autant ])lus <rc(ret qu'il est jeté là comme m passant. Mithridatc sent trop vivement sti honte ])our s'y arn'ter : ce n'est qu*un mot qui lui échappe; mais ce mot réveille une Toule de sentiments et d'idées : il est sublime. Dans tout le reste, la magnificence du style» la pompe des images, est égale à l'élévation des pensées. Racine sait se proportionner à tous ses sujets. Nous n'avons point encore tu sa diction s'élever si haut, ni prendre ce caractère. Ce n'est ni le charme de Bérénice, ni la sévérité de Britannicus, ni le rtyle impétueux et passinnné d'IIcrmione et de Roxanc. Racine est ^and, parcequ'll fait parler un grand homme, méditant de grands desseins : il s*agit de Mithridate et de Rome ; il est au niveau de tous les deux. (L.)

Voilà Tambilion dont mon ame est saisie. Ne croyez point pourtant qu'éloigné de l'Asie J'en laisse les Romains tranquilles possesseurs : Je sais où je lui dois trouver des défenseurs ; Je veux que d'ennemis partout enveloppée, Rome rappelle en vain le secours de Pompée Le Parthe, des Romains comme moi la terreur, Consent de succéder à ma juste fureur; Prêt d'unir avec moi sa haine et sa famille, Il me demande un fils pour époux à sa fille. Cet honneur vous regarde, et j'ai fait choix de vous, Pharnace : allez, soyez ce bienheureux époux. Demain, sans diiférer, je prétends que l'aurore Découvre mes vaisseaux déjà loin du Bosphore. Vous, que rien n'y retient, partez dès ce moment. Et méritez mon choix par votre empressement : Achevez cet hymen ; et, repassant l'Euphrate, Faites voir à l'Asie un autre Mithridate. Que nos tyrans communs en pâlissent d'effroi , Et que le bruit à Rome en vienne jusqu'à moi.

PHARNACE

Seigneur, je ne vous puis déguiser ma surprise. J'écoute avec transport cette grande entreprise. Je l'admire; et jamais un plus hardi dessein Ne mit à.des vaincus les armes à la main. Surtout j'admire en vous ce cœur infatigable Qbî semble s'affermir sous le faix qui l'accable. Mais, si j'ose parler avec sincérité.

En êtes-vous réduit à cette extrémité?

Pourquoi tenter si loin des courses inutiles. Quand vos États encor vous offrent tant d'asiles; Et vouloir affronter des travaux infinis. Dignes plutôt d'un chef de malheureux bannis. Que d'un roi qui naguère avec quelque apparence ^ De l'aurore au couchant t)ortoit son espérance,

1 II faut sous-entendre quelque apparence de raison, de succès. Ces sortes d'ellipses, choisies et mesurées par le goût, donnent au style un air de liberté et de hardiesse, qui est une des grâces de la poésie, et particulièrement de celle de Racine. (L.)

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