II
J'ir2\i. . J'effacerai le crime de ma mère ^ Seigneur, vous m'en voyez rougir à vos genoux ; J'ai honte de me voir si peu digne de vous ; Tout mon sang doit laver une tache si noire. Mais je cherche un trépas utile à votive gloire ; Et Rome, unique objet d'un désespoir si beau, Du fils de Mithridate est le digne tombeau.
MITHRIDATE, se levant.
Mon fils, ne parlons plus d'une mère infidèle. Votre père est content, il connaît votre zèle, Et ne vous verra point affronter de danger Qu'avec vous son amour ne veuille partager : Vous me suivrez; je veux que rien ne nous sépare. Et vous, à m'obéir, prince, qu'on se prépare; Les vaisseaux sont tout prêts : j'ai moi-môma ordonné La suite et l'appareil qui vous est destiné. ^
Arbate, à cet hymen, chargé de* vous conduire, De votre obéissance aura soin de m'instruire. Allez, et soutenant l'honneur de vos aïeux. Dans cet embrassement recevez mes adieux.
PHARNACE
Seigneur...
Ma volonté, prince, vous doit suffire.
Obéissez. C'est trop vous le faire redire.
PHARNACE
Seigneur, si pour vous plaire, il ne faut que périr. Plus ardent qu'aucun autre on m'y verra, courir : Combattant à vos yeux permettez que je meure.
Je vous ai commandé de partir tout à l'heure 2.
1 Xipharès peut craindre que le jaloux et défiant Mithridate n'attribue son désespoir à la passion de Monime : il détourne avec beaucoup d'art les soupçons du roi, en lui persuadant que ce désespoir n'n pour cause que la trahison de sa mère. (G.)
2 Cette altercation entre le père et le fils répand sur la^n d'une si longue scène une chaleur et un intérêt extraordinaire. Tout à l'heurt; est une expression très simple, qui n'a rien de bas, et qui donne au style un air plus naturel. Ce dialogue est vif, rapide, attachant; c'est un modèle de bon goût et de vérité : c'est là que Pharnacc développe