SCÈNE V
MOMME, MITIIKIDATK.
«mimiiATK. ^
Enfin j'ouvre les yeux el jr nw fais jii>lin' : Cest faire à vos iHSauU's un Irislr >îicriti<v, ^ de vous |>rt'sentiT, inafiaiiit', -axw ma fui , Tout rage el le malliriir <|iit? ji* inîm» :i\vr moi. ias((u'ici la fortune et la virloire im^ims > flachoieiit mes chcvciiv hlam-s sous in'utf (iisMli'nu's. Mais ce tcmps-l:i nesl plus : je rf^nnis, tM j*» fuis. Mes ans se sont accrus; mes honneurs sont dctruils: Et mon front, dép^"i''^' <'"" ^i iiol)l<> avaulaKis Da temps qui Ta flétri laisse v(»ir tout routr.i}{r. D'ailleurs mille iless4rius fiarlageut mes esprits : U*un camp prt'^t à iiurtir vous eiitt^iule/ les (Tis; Sortant de mes vaisseaux, il faut que j'y remout.*. Quel temps pour un hymen qu'une fuilt; si pmmpt.', Madame! Et de quel front vous unir a mon sort, l^and je ne cherche plus (pie la guerre oi la mirt? Cessez pourtant, eessez de, prétendn» a Pharnace : Quand je me fais justiee, il faut qu'on se la fiiss«'. Je ne souffrirai point que ec lils odieux, Que je viens pour jamais de haunir de mes yeux. Possédant une amour (pii me fut déniée-,
1 Mêmes est ici adverbe, et non a<yectif ; il ne priit donc pn-ndri- !« pluriel, ce qui n'étoit peut-être ])U8 une faute du temjiS de Racine , car on retrouve le in»'me mot, employé comme adverbe, avec le pluriel. dans les épîtres VIII cl X de Hoileau. Mais quelle magnifique ima^e quel nombre! Quelle harmonie! Remarquons (jue le nMc de Mithridate est écrit avec une pompe et une majesté qui relèvent encore la grandeur d*un roi qui portoit trente diadèmes. Le style de ce rôle a un caractère si imposant , qu'il seroit facile, en prenant des vers au hasard dans la pièce, de reconnoitre si le poète fait jiarler Mithridatc ou quelque autre personnage.
t Dénié pour refusé. Ce mot a peut-être vieilli, comme le disent quelques commentateurs , et cependant il n'en est pas moins bon.
ir,2 MITHRIDATE.
Vous fasse des Romains devenir l'alliée.
Mon irône vous est dû : loin de m*on repentir,
Je vous y place même avant que de. partir,
Pourvu que vous vouliez qu'une main qui m'est chère.
Un fils, le digne objet de l'amour de sou père,
Xipharès, en un mot, devenant votre époux.
Me venge de Pharnace et m'acquitte envers vous.
Xipharès! lui, seigneur?
MITKRIDATE.
Oui, lui-même, madame.
D'où peut naître à ce nom le trouble de votre ame? Contre un si juste choix qui peut vous révolter? Est-ce quelque mépris qu'on ne puisse dompter ? .Je le répète encor : c'est un autre moi-même. Un fils victorieux, qui me chérit, que j'aime, L'ennemi des Romains, l'héritier et l'appui D'un empire et d'un nom qui va renaître en lui ; Et, quoi que votre amour ait osé se promettre. Ce n'«st qu'entre ses mains que je puis vous remettre.
MONIME
Que dites-vous? 0 cielî pourriez- vous approuver...
Pourquoi, seigneur, pourquoi voulez-vous m'éprouver?
Cessez de tourmenter une ame infortunée :
Je sais que c'est à vous que je fus destinée;
Je sais qu'en ce moment, pour ce nœud solennel,
La victime, seigneur, nous attend à l'autel.
Venez.
Je le vois bien : quelque effort que je fasse, Madame, vous voulez vous garder à Pharnace. Je reconnois toujours vos injustes mépris ; Ils ont même passé sur mon malheureux fils.
D'après la définition de rAcadémie, il ne signifie pas seulement refu- .vpr, mais refuser quelque chose que la justice ne veut pas qu^on refuse. C'est donc un mot dont notre langue ne peut se passer, et l'exemple des plus grands poètes doit en consacrer l'usage, puisqu'il est encore employé dans IphigéniCy act. I, se. i ; dans Boileau, Art poétique ; et dans Voltaire, Mort de César Alliée rime mal avec déniée.