LE MARQUIS, NÉRINE
lï; marquis.
BoHsoiR, mon enfant.
JVERIirE.
Bonsoir, Monsieur; souf&ez que sans cérémonie je me mette dans ce fauteuil.
LE MARQUIS
Qu'as-tu donc?
irJÉRIlïE.
Ce que j'ai, Monsieur? Je n'en puis plus. Vous voyez une pauvre créature qui revient du faubourg Saint-Germain à pied.
Du faubourg Saint-Germain ?
NiRIlVE.
Oui; après avoir habillé ma maîtresse, j'ai succombé à la tentation d'aller voir le Philosophe marié. Peste soit des comédiens, de la comédie et de celui qui l'a faite ! ,
i44 rENVIEUX.
LE MARQUIS
Te voilà bien en colère! Est-ce que là pièce l'a déplu ?
NÉRINE
Au coatraire, j'en suis charmée.
LE MARQUIS
Pourquoi donc pestes -tu contre les acteurs et contre Tauteur?
NIÉRIKE.
C'est qu'il y avoit tant de monde à cette maudite comédie, que j'ai pensé m'évanouir; mais ce n'est pas là le pis de mon aventure. En me pressant de sortir, j'ai perdu ma compagne, et je suis tombée dans la foule du parterre , qui m'a entraînée jusqu'au carrefour. Là , je me suis trouvée au milieu de cent carrosses , mourant de peur , et ne sachant pas où fuir ; et , sans un jeune abbé qui a pris pitié de moi, qui m'a enlevée.... pour me tirer du péril, j'étois une fille perdue. En vérité , ces messieurs les abbés ont de grandes attentions pour le sexe ; et il n'y a plus que cet ordre-là dans l'état qui soutienne la galanterie.
LE MARQUIS
Je vois que tu as retrouvé tes forces , et te voilà rentrée dans ton naturel. Tu peux maintenant satisfaire mon impatiente curiosité. En deux mots, ma chère Nérine , dis-moi si la pièce a réussi.
NERINE.
Parfaitement.
^ LE MARQUIS
Je vais donc avoir un grand plaisir.