II
i46 L'ENVIEUX,
savez , c'est que ma vieille maîtresse est si coifFée de lui, qu'il est le «eul homme qu'elle estime, qu'elle loue , qu'elle admire ; et que , non contente de le loger - chez elle, pour jouir sans cesse de sa conversation, elle veut se l'attacher encore plus intimement , en lui donnant dès Ce soir une de ses nièces en mariage. Le notaire l'attend ici : les articles du contrat sont dressés; on n'a laissé que le nom de la future en blanc, et ce sera Lycandre qui aura la liberté de le remplir, par le choix qu'il fera d'Angélique ou de Bélise , car il ne s'est point encore déterminé : et c'est ce soir qu'il a promis de se déclarer.
O ciel! tu me fais trembler. Et s'il va se déclarer pour Angélique ?
NÉRlNn,
Il l'obtientba sans difficulté. Mais r^surez-vous , je sais qu'il aime Bélise ; et, pourvu que vous puissiez vons contraindre encore, et cadier habilement votre amour pour Angélique, vous devez compter <}ue Biélise aura la préférence : mais vous êtes perdu s'il peut découvrir qu'Angélique est l'objet de vos ve^ux. La crainte de vous voir content le feroit renoncer à son propre bonheur; et il seroit trop envieux du. votre, pour ne pas sacrifier son amour au plaisir de vous rendre malheureux. Il y a long-temps que jd vous l'ai dit; dissimulez mieux que jamais, tvtv lious touchons au moment critique qui doit déci- 'der de la destinée d'Angélique , et de la votre*