SCÈNE VIL LE MARQUIS, ANGÉLIQUE, NÉJIINE
ANGIÉLIQITE.
Je suis charmée de vous trouver ici. J'ai bien des choses à vous dire en peu de moments. Nous arrit vous de la Comédie , ma tante y ma sœur et ipoi.
NÉRINE
Nous savons cela. Eh bien ?
ANGl^LIQUE.
Ehbien ! ma tante s'est enfermée dans $on cabinet , pour lire des lettres qu'elle vient de recevoir, et poup s'entretenir avec le notaire qui l'attendoit depuis une heure. Lycandre est sorti pour un instant , à ce qu'on m'a dit, et va bientôt nous venir joindra avec ma tante ; c'est pourquoi profitons de cette heureuse occasion , et dépêchons-nous de nous parler.
LE MARQUIS
Nous sommes dans un grand péril ; il ne tient qu'à Lycandre de vous obtenir ; et , si malheureusement il se déclare pour vous , dès ce soir je vous perds. akgi£liqu£. ; •
Rassurez-vous; feignez aussi bien que moi, et je vous jure que nous n'^avons rie)a à craindre/ J'ai si
i48 L'ENVIEUX,
bien joué mon rôle depuis quelques jours, que ma tante me soupçonne d'avoir autant de penchant pour Lycandre, que d'indifférence pour vous. Secondezmoi ; dites que vous en voulez à ma sœur , et vous m'obtiendrez infailliblement.
Je vois que mes leçons ont germé dans votre esprit.
ANGÉLIQUE
' Compte que je les ai bien mises en pratique.
ITJÉRINE.
Il faut avouer que notre sexe *a de grands talents pour la dissimulation. Convenez , monsieur le Marquis , que , sur cet article , nous avons bien de l'avantage sur les hommes.
LE Bf ARQUIS.
Qui ne sont pas amoureux : mais , quand il s'agit de feindre pour obtenir ce que l'on aiiïie, le plus malhabile homme sait se contrefaire aussi parfaitement que vouis.
I^ERINE.
C'est ce qu'il faut nous prouver. Voici Madame; voyons comment vous vous tirerez d'affaire.