‹ Œuvres dramatiques de N. DestouchesChapitre 165 sur 350 · ART^NIGE · texte numérisé non relu

ART^NIGE

Mon Dieu ! n'en dites rien.

Vous me perdriez.

ARAMIlfTE.

Vous? Et pourquoi donc, de grâce?

Pourquoi? c'est qu'on sauroit que je lisois Horace.

ARAMIIVTE.

Puisque vous l'entendez....

ARTEiriCE.

Eh oui ! voilà le mal , On m'en feroit d'abord un crime capital; Car on veut nous forcer toutes tant que nous sommes, A n'étudier plus que l'art de plaire aux hommes ; Que si nous étendons nos recherches plus loin , A nous tympaniser ils mettent tout leur soin , •Voulant faire de nous d'insipides poupées, De la minauderie à toute heure occupées. Et par là nous ravir , pour nous mieux abaisser. Les moyens qui pourroient nous apprendre à penser, A reconnoitre en nous des talexits estimables , Qui pourroient à leurs yeux nous rendre respectables,

a36 LES PHILOSOPHES AMOUREUX.

Et nous faire prétendre à cette égalité Qu'ils savent nous ôter, de leur autorité.

ARAMINTE

Ailleurs , j'approuverois votre juste scrupule ; Ici vous brilleriez sans craindre un ridicule; Vos talents charmeroient et Léandre et Damis ; Et , pour vous dire plus , il peut m'être permis , Autant par votre bien que par votre naissance, De projeter pour vous l'une ou l'autre alliance. Ouvrez-moi votre cœur. Pour être votre époux, Entre ces deux amis , lequel choisiriez-vous ? Vous me semblez pencher en faveur de Léandre.

Disposée à Tairner, je saurai m'en défendre; Ma gloire et ma raison m'en imposent la loi , Et seroient pour Damis , s'il s'attachoit à moi. J'estime sa candeur et sa vertu sublime , Et l'amour aisément peut naître de l'estime.

ARAMINTE

Je crois qu'il vient à nous, tâchez de le sonder; Et, sans rien affecter, je vais vous seconder.

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