ACTE IV, SCENE III. 4i
Se disant votre mère , et cachant votre nom.
LISETTE
Mais pourquoi ce secret? Et par quelle raison Me laisser ignorer de quel sang j'ëtois née?
LYCANBRE.
Pour vous rendre modeste, autant qu'infortunée; Et pour vous épargner des regrets , des douleurs , Jusqu'à ce que le ciel adoucît vos malheurs. C'est ainsi que l'avoit ordonné votre père ; Et sa précaution vous étoit nécessaire.
LISETTE
Je brûle de le voir, et je tremble pour lui. Comment osera-t-il se montrer aujourd'hui , Après l'injuste arrêt... ?
* LTCANDRE.
Pendant sa longue absence , De fidèles amis , sûrs de son innocence , Et puissants h la cour, ont eu tant de succès, Qu'ils l'ont déterminée à revoir le procès ; Et deux des faux témoins , près de perdre la vie. Ont enfin avoué leur noire calomnie.
Votre père , caché depuis près de deux ans , Attendoit les effets de ces secours puissants. On vient de lui. donner d'agréables nouvelles : Il touche au terme heureux de ses peines mortelles.
LISETTE
Qu'il ne s'expose point. Je crains quelque accident, Quelque piège caché. N'est-il pas plus prudent Que nous l'allions chercher? Par notre diligence Prévenons ses bontés et son impatience.
4i4 LE GLORIEUX.
Sortons, Monsieur ; je veux embrasser ses. g^snoux.
Et mourir de plaisir dans des transports si doux.
LYGAirDRE.
Vous n'irez pas bien loin pour goûter cette joie. Vous voulez la chercber, et le ciel vous l'envoie. Oui, ma fille , voici ce père malheureux; Il vous voit ; il vous parle ; il est devant vos yeux.
LISETTE , se jetant à ses pieds.
Quoi! c'est vous-même? O ciel! quemonâme est ravie! Je goûte le moment le plus doux de ma vie.
LTCAWDRE.
Ma fille, levez-vous. Je connois votre cœur, Et je vous l'ai prédit, vous ferez mon bonheur. Mais hélas ! que je crains de revoir votre firère I
LISETTE
Mon frère! Et quel est-il?
LYCANDRE.
Le comte de Tufière.
LISETTE
Je ne sais oîi j'en suis ! je ne respire plus ! Daignez me soutenir.
LTCANDRE.
Qu'il doit être confus , Quand il vous connoîtra !
LISETTE
Moi, sa sœur?
LTGANDRE.
Oui, ma fille.
XISETTE.
Sans doute ^ nous sortons de la laçme; famîUe;