ACTE IV, SCENE III. 4i
Oui, le Comte est mon frère; et, dès que je Fai vu, A travers ses mépris mon cœur Ta reconnu. De mon foible pour lui je ne suis plus surprise.
LTGANDRE.
Votre cœur le prévient , et l'ingrat vous méprise! Ah ! je veux profiter de cette occasion , Pour jouir devant vous de sa confusion , Quand le temps permettra de vous £»re connoître.
LISETTE
Jusque-là devant lui ne dois-je plus paroître?
LTCANDRE.
Non. Je vais le trouver. La conversation Sera vive, à coup sûr; et sa présomption Mérite qu'avec lui prenant le ton de père , Je fasse à ses hauteurs une leçon sévère.
LISETTE
S'il ne vous connoît pas , vous les éprouverez.
LTCAITDRE.
Non : nous nous sommes vus; il me connoit. Rentrez, Ma fille. Quelqu'un vient ; gardez bien le silence.
LISETTE, lui baisant la main.
Mon père , attendez tout de mon obéissance. SCÈNE IV.
LYC ANDRE, PASQUIN, s'arrétant à considérer Lycandrc. LTCANDRE.
Le comte de Tufière est-il chez lui?
4i6 LE tîLORIEUX.
P A s Q U I If , d*un ton brasque.
Pourquoi?
LYCANDRE.
Je voudrois lui parler.
PASQUIW, le regardant du haut en bas.
Lui parler! Qui? vous?
LTCANDRE.
Moi.
P A s Q TJ I N , d'un air méprisant.
Cela ne se peut pas.
LTCATfDRE.
La raison, je vous prie?
PASQUIW.
C'est qu'il est en affaire.
LYCATfDRE.
oh! je vous certifie, Quelque occupé qu'il soit, que, dès qu'il apprendra Que je veux lui parler, il y consentira.
PASQUIir, fièrement.
Eh! qu'êtes-vous?
LYCATfDRE.
Je suis.... (car je perds patience) Un homme très-choqué de votre impertinence.
PASQUIW, à part.
Il a ma foi raison. Je retombe toujours ,
(à Lycandre.)
Et je veux m'en punir. Je vois que mon discours , Monsieur, n'a pas le don de vous être agréable ; Mais si je suis si fier, je suis très-excusable.
LYCAWDRE, i^Wement.
Et par où , s'il vous plaît ?