‹ Œuvres du chevalier de Boufflers, membre de l'InstitutChapitre 88 sur 120 · PHÈDRE, HIPPOLYTE, LA NOURRICE · texte numérisé non relu

PHÈDRE, HIPPOLYTE, LA NOURRICE

PHÈDRE

Qui me rend à ma douleur ? qui rappelle dans mon ame tous ces troubles que l'approche de la mort avait dissipés? Mais pourquoi fuir la lumière qtii m'est rendue ? Osons , essayons , achevons l'entreprise , parlons avec courage ; demander timidement , c'est engager au refus; le crime est à moitié commis, la honte n'est plus de saison. Ma flamme est odieuse, et peut-être, si je poursuis , le flambeau de l'hymen en ferait disparaître l'horreur. Le crime fut souvent justifié par le succès. Prince, accordez-moi, je vousr prie, une oreille favorable, et que votre suite se retire.

HIPPOLYTE

Nul témoin ne reste en ces lieux.

PHÈDRE

Mes paroles ne sauraient trouver de passage ; je ne sais quel pouvoir me force à parler, et quel autre me retient. Dieux du ciel, je vous prends tous à témoin de mes vœux.

HIPPOLYTE

Quel embarras trouvez- vous à vous expliqi&r?

PHÈDRE

Les faibles douleurs s'expriment , les grandes sont muettes.

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