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l48 HIPPOLTTE.
HIPPOLYTE
O ma mère ! confiez-moi ces douleurs.
PHÈDRE
Que ce nom de mère est touchant , mais qu'il va mal à letat de mon ame! Hippolyte, appelez -moi votre sœur, ou votre esclave... plutôt votre esclave; rien pour vous ne me paraîtra dur. Faut-il errer dans les neiges éternelles, gravir les sommets glacés du . Pinde, me précipiter dans les flammes, au milieu des traits ennemis , offrir mon sein à mille morts? je suis prête. Recevez le sceptre que votre père m'avait confié, et prenez-moi pour sujette : c'est à vous d'ordonner, à moi d'obéir. Le sceptre du grand Thésée est trop lourd pour la main d'une femme: vous qui brillez de l'éclat du bel âge, montrez- vous égal à votre père dans l'art de régir les peuples. Recevez dans votre sein une humble suppliante, et prenez pitié d'une faible veuve.
HIPPOLTTE.
Que le ciel détourne ce présage ! mon père reviendra victorieux.
PHÈDRE
Non , le maître sévère du sombre royaume et du morne Styx ne permet point de retour vers la lumière des astres qu'on a quittée ; et Pluton , à moins d'être favorable à l'adultère , fera-t-il grâce au ravisseur de son épouse ?
HIPPOLYTE
Les justes dieux nous ramèneront Thésée. Mais tant que durera notre incertitude , mes frères seront