‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 2)Chapitre 103 sur 110 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

La justice et la bienveillance qui caractérisent Tarticle qui me concerne dans la Biographie des Conlemporalns ont fait naître à ma famille et à mes amis le désir d'en avoir une réimpression séparée du reste de Touvrage. J'ai accédé à ce désir, après m'étre assuré qa*une édition qui n'entrerait point dans le commerce, et destinée uniquement à être distribuée en don à un petit nombre de personnes, ne blessait en au* cune manière les droits des éditeurs de la Biographie, et qu'ils ne s'y opposaient point.

Je me suis prêté d'autant plus volontiers à satisfaire mes amis et ma famille par une édition séparée de l'article dont il s'agit que je résiste depuis plusieurs années à leurs sollicitations pour la publication de mes Mémoires, ne me croyant pas un personnage d'assez grande importance pour donner son histoire au public, et me croyant tout au plus en iiroitde publier des Mémoires sur les événements auxquels j'ai eu part, ou sur de grands personnages avec lesquels j'ai eu d'étroites liaisons, et qui peuvent intéresser l'histoire générale.

Je me suis plu à penser aussi que ce serait donner aux auteurs de la Biographie, entre lesquels j'avais eu lieu de croire que je trouverais quelques préventions et un ennemi, un témoignage de ma reconnaissance.

Les auteurs paraissent avoir ignoré plusieurs des circonstances de ma vie qui touchent à des événements et à des personnages éminemment historiques :je ne remplirai point ici ces lacunes.

Mais ils sont aussi tombés dans quelques inexactitudes évidemment involontaires : quelques notes très-courtes rétabliront les faits. Plus leur écrit est juste et bienveillant, plus il accréditerait des erreurs qui peuvent m'étre préjudiciables; mes observations seront donc aussi un hommage de ma reconnaissance et de ma considération. R.

RaDEREB (le comte Pierre Louis), né à

Metz, le 15 février t75i, d^iii père considéré dans la magistrature, était conseiller au parlement de Metz en 1779, et s'y fit remarquer, dès sa jeunesse, par ses talents et par son zèle pour la liberté. Il se livra parliculièrement aux affaires publiques, et fut chargé des remon/rances que celle cour, comme tous les autres parlements du royaume, avait alors de fréquentes occa ions d'adresser au gouvernement.

11 publia en 1788 un ouvrage sur le préjudice que portaient à Tindustrie nationale les douanes intérievvs qui séparaient les provinces de France les unes des autres, comme aujourd'hui elles la séparent de Télranger.

£n 1788 il publia un autre écrit fort étendu sur la Députation aux élafs généraux; là il posa les principes du gouvernement représentatif. On y trouve le fond de toutes les opinions qu'il a professées depuis, et celle rigidilé de logique qui, après avoir établi un principe, ne fait grâce d'aucune de ses conséquences.

En 1789 il fut élu député par le tiers-état de la ville de Metz aux états généraux , en remplacement d'un autre député dont la nomination fut annulée par4' Assemblée nationale. Son élection n'ayant eu lieu qu'au mois d'octobre, M. Rœderer n'assista point aux premiers événements de la Révolution à Paris, mais il s'était prononcé pour elle dans sa ville natale. Quand il se présenta à l'Assemblée constituante, il y fut accueilli comme un homme dont le patriotisme et le talent étaient éprouvés, et dès ses premiers discours à la tribune il se fit remarquer par cet esprit philosophique qui jette de haut la lumière sur les objets en discussion.

Le 5 janvier 1790 il demanda que les ecclésiastiques absents fussent privés de la jouissance de leurs bénéfices, conformément aux

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