‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 2)Chapitre 106 sur 110 · NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR M. RCEDERER · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR M. RCEDERER

daos tout son éclat est celui où elle peut rencontrer le plus d'obstacles. Elle est alors plus imposante parce quVlle est plus hardie ; elle est pins puissante parce qu'elle manifeste davantage la certitude de Pélre.v Quelques jours après^ un député ayant proposé de bannir la famille du duc d*Orléans, il s'éleva contre l'esprit de proscription et contre la dbposition à infliger des peines cruelles. « G^est une garantie^ dit-il^ et non des victimes que demande la liberté. L'esprit de parti demande des victimes; la république ne demande qu'une constitution, d Le 12 du même mois^ le conseil général de la Commune avait arrêté que les conseils accordés an roi seraient fouillés jusqu'aux endroits les plus secrets, déshabillés et revêtus de nouveaux habits^ avant de communiquer avec Louis XVI. Le 13 M. Roederer écrivit dans le Journal de Paris: a La Com* niune doit renoncer à faire adopter son arrêté ailleurs que dans les prisons du roi de Maroc ou du dey d'Alger. » Enfin, le 6 janvier 1793 (i), dix jours avant le jugement^ il attaqua directement l'opinion d'un des députés dévoués à Robespierre, et soutint a que l'Assemblée n'avait pas le droit de juger le roi ; que le droit de faire des lois n'était pas le droit de rendre la justice ; que le pouvoir de faire une constitution n'était qu'un pouvoir commis sous la réserve de la sanction publique; que, si l'inviolabilité du roi était, comme le soutenait ce député, contraire aux droits du peuple, ce serait au peuple seul qu'il appartiendrait de le déclarer. » M. Rœderer signait tous ces articles de son nom , et cependant il était toujours l'objet des poursuites de la Conmiune de Paris. Le 31 mai, cette Commune, par une épouvantable émeute, força la Convention à ordonner l'arrestation de vingt et un de ses membres. Alors il cessa d'écrire ; mais, ne voulant pas qu'on le crût capable de transiger sur cette journée, il déclara, dans le Journal de Paris du 30 juin, que depuis la fin de mai il n'avait pris aucune part à la rédaction de cette feuille. Les députés de la Gironde furent envoyés à l'échafaud. M. Rœderer se déroba de nouveau à la persécution et ne rentra dans Tarène politique qu'après la chute de Robespierre. Soixantetreize députés avaient été mis en arrestation le jour où périrent les Girondins; il publia, pour leur défense, un écrit plein de force qui parut le 7 novembre 1794. Reprenant, au commencement de Tannée suivante, la direction

(1) Voyez, dans le feuilleloudu Journal de Paris de ce jour, l'opinion de M. Barrcre et la réfutation.

du Journal de Paris , il y fit paraître une longue suite d'articles sur l'organisation du pouvoir exécutif, publia la même année une brochure, sous le titre : des Héfugiés et des Émigrés, dans laquelle il soutenait qu'on ne devait pas confondre les proscrits que la Terreur avait forcés de s'expatrier avec les émigrés sortis de France dans le dessein d'y rentrer en vainqueurs, les armes à la main. Dans le mois de septembre il combattit avec force le projet de la prorogation des deux tiers des membres de la Convention dans la prochaine législature. On Taccusa de nouve au de n'avoir pas tenu une conduite irréprochable envers les patriotes dans la journée du 10 août. 11 répondit, le 14 septembre, qu'il avait voulu sauver le roi; que, ce qu'il avait fait, il le ferait encore dans les mêmes circonstances , et persista à soutenir que la prorogation des conventionnels ne pouvait que compromettre la Constitution par les souvenirs que leur présence entretenait dans l'esprit des citoyens modérés.

Après le 13 vendémiaire (5 octobre 1795) M.Hoedererfutobligéde nouveau de se retirer de la scène politique; cependant au mois de juin 1796 il fut élu membre de l'Institut national, qui venait d'être établi, et placé dans la classe des sciences morales et politiques. Dès le mois précédent il avait été élu, par le jury d'instruction publique, professeur d'économie politique aux écoles centrales. Il recommença à écrire dans le Journal de Paris, et entreprit de plus un journal décadaire d'économie publique, de morale et de politique. Le 36 novembre il attaqua vivement le projet de la loi du 3 brumaire , qui excluait les nobles et les parents d'émigrés de toutes fonctions publiques jusqu'à la paix. Le 9 janvier 1797, dans un article signé de lui, il accusa de férocité un décret de l'avant-veille qui instituait une fête annuelle en mémoire du 21 janvier 1793. II écrivit depuis : a Tout le monde en a rougi ou frémi; cette fête a été désavouée dans sa célébration par ceux mêmes qui Pont présidée. » Dans un ouvrage qu'il publia en juin de la même année, sur l'usage à faire de l^ Autorité , il réclama contre la prohibition du culte catholique, contre la proscription de ses ministres, et demanda la liberté de tous les cultes. Il proposa l'abolition de la peine de mort portée contre les émigrés. « Il n'y a de légitime, disait-il, contre les émigrés, en armes même, que le droit de la guerre en temps de guerre et le droit des gens en temps de paix, o M. Rœderer fut assez heureux pour échapper aUx proscriptions du 18 fructidor. 11 avait élé porté par lo

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