‹ Œuvres du comte P. L. Rœderer (volume 2)Chapitre 17 sur 110 · DES COMMUNICATIONS PAR LA PAROLF · texte numérisé non relu

DES COMMUNICATIONS PAR LA PAROLF

Vocabulaire,

Il y a à peine quinze cents sons ou articulations bien distinctes dans la langue de la Chine. Us ne font aucun usage de nos quatre consonnes B, D,R,X; ilsne peuvent même les articuler; mais à l'aide des accents et des tons, qui sont des h\* flexions très-délicates, ils varient ces sons à l'infini pour des oreilles exercées et attentives.

Chaque son articulé forme une syllabe qui peut être rendue par une consonne européenne qui précède une voyelle, laquelle est suivie quelquefois d'une autre consonne mouillée. Le langage est nécessairement aussi doux, aussi harmonieux que l'italien (1).

Chaque syllabe est un mot, et exprime une idée, soit simple ou complexe. Tous les voyageurs s'accordent à dire que Fa langue est monosyllabique (2).

On paraît d'accord pour dire que la langue chinoise renferme environ 80,000 mots. Le P. de Prémare dit dans les Lettres édifiantes^ t. XIX, p. 468, qu'il possède un dictionnaire

(l) Voy. de Macartney, t. IV, p. 149.

(î) Prémare, /.. éd,, t. XIX, p. 468 et suiv.

ET t^ARTICULlÈREMENT DE LEUR ÉCRITURE.

fait par ordre du précédent empereur^ consistant en quatre-vingt-quinze tomes, et néanmoins incomplet, puisqu'on y a ajouté, dit-il, un supplément en vingt-quatre volumes.

Ce dictionnaire est à la bibliothèque nationale. J*en ai examiné plusieurs volumes; il ne contient pas la dixième partie de la moitié contenue dans le Vocabulaire français. .

Une partie des mots chinois est imitative des bruits ou sons que produisent les objets désignés par ces mots. Par exemple , le nom d'un chat, selon le tome IV, p. 150, du Voyage de Macartney, ressemble assez dans le chinois au cri de cet animal.

Chaque mot de la langue parlée a un sens propre (t) ou primitif et naturel, un sens de synecdoque y soit du tout pour une partie, soit d'une partie pour le tout ; un sens de Mêtovfjmie ou de rapport d'un objet avec un autre; un sens de métaphore ou de figure. « Une phrase, suivant le Voyage de Macartney, est souvent une chaîne de métaphores; les dif érents rapports qu'on a dans la vie ne sont point marqués en Chine par des sons arbitraires qui indiquent simplement l'idée de ces rapports; mais les qualités qu'il est naturel d'en attendre y deviennent fréquemment les noms par lesquels ils sont respectivement connus. Par exemple , la parenté à tous les degrés est distinguée dans le chinois avec une précision inconnue dans les autres langues (3). »

Les Chinois font beaucoup de mots par le redoublement des mêmes. Mou veut dire arbre; mou -mou, bosquet; mou -mou-mou, forêt.

Page 1