REUNION DU VALAIS A LEAIPIUE
plis : elle a fait ouvrir avec des frais immenses la route du Simplon ; elle a même fait exécuter une partie de celle que le Valais devait construire ; mais tous ies autres travaux dont celui-ci était chargé ne se sorU point Jaits ; la désertion^ la contrebande n'ont pas été réprimées. Le gouvernement n"a pas eu assez de force pour concilier le haut et le bas Valais et pour empêcher, pendant la dernière guerre^ un commencement d'insurrection qui allait se répandre de proche en proche^ si la nouvelle des victoires de Sa Majesté en Allemagne n'était venue l'arrêter.
Sa Majesté ne peut plus, diaprés cette expérience du passé, abandonner le Valais à luimême et compter sur ses dispositions. Tout ce qu'elle a fait pour le Valais devait en attacher les habitants à la France^ et devenait pour eux une source d'aisance et de prospérité^ en facilitant leurs communications et leur commerce; mais les préjugés et l'ignorance de quelques fanatiques s'y sont opposés : les prêtres n'ont exercé leur influence que pour empêcher toute amélioration dans les lois^ dans l'éducation^ dans les usages. Ce pays, sans manufactures^ sans arts, sans commerce, est encore ce qu'il était lorsqu'il ne lui avait été ouvert, à travers ses montagnes, aucun moyen de communication avec les autres peuples.
L'intention de Sa Majesté est que la commission qu'elle a nommée entende Messieurs les députés du Valais, qWtWQ prenne connaissance de la situation actuelle de ce pays, etqu'elle examine les moyens à employer pour en régler toutes les affaires et pour mettre un terme à l'influence que le clergé y conserve. Cette commission aura à rappeler à Messieurs les députés la bienveillance que Sa Majesté a toujours montrée à leur pays^ les sacritices qu'elle a faits pour ouvrir ses communications et pour les assurer^ le soin paternel qu'elle avait mis à lui donner une existence et des institutions qui paraissaient conformes aux vœux des habitants. Enfin la commission examinera avec Messieurs les députés quels sont pour le Valais les effets de son organisation actuelle^ et s'il eut possible d'y en substituer une autre qui soit plus convenable.
Vous avez été^ Monsieur le Comte, membre de la Commission helvétique à l'époque de Pacte de médiation. La connaissance que vous avez
eue des intérêts de plusieurs cantons, qui ont avec les Valaisans de nombreuses analogies; vous donne dans cette nouvelle discussion un grand avantage, et elle ne peut que disposer Messieurs les députés à s'expliquer sur les af^ faires de leur pays avec une entière confiance. Agréez, Monsieur le Comte, les assurances de ma haute considération.
Champagny, duc de Cadore.
RÉFONSB DE M. RORDRRIR.
Paris, le 25 août 18 io.
Monsieur le Duc ,
Votre Excellence peut être assurée que j apporterai^ dans la commission dont sa lettre d'hier m'annonce que j'ai l'honneur de faire partie, le zèle qui m'a toujours animé pour le service de S. M. Je suis plus reconnaissant que je ne puis l'exprimer du nouveau témoignage que je reçois de sa confiance ; j'espère que Votre Excellence voudra bien m'aider à la justifier enmeguidantde ses lumières avec l'ancienne bienveillance qu'elle a toujours bien voulu me témoigner. Je la prie de me faire savoir le moment où je pourrai avoir l'honneur de recevoir ses instructions.
J'ai l'honneur d'être, etc.
RCEl>Bt£t.
RAPPORT DES COMMISSAIRES NOMMàSPARSA MAJRSTft POUR CONFERER SDR LES AFFAIRES DU VALAIS (1).
(3 septembre 1810.)
Monsieur le Duc ,
Après nousétre entendus sur les instructions de Votre Excellence, nous avons eu deux conférences avec Messieurs du Valais,Pune le 30 août . Pautrele !•' de ce mois. En voici la substance et le résultat.
Nous avons commencé par leur retracer tout ce que l'Empereur avait conçu, fait et préparé dour le bonheur de leur pays :
Comment S. M. l'avait dégagé des liens qui le soumettaient à la Suisse, par la déclaration de leur indépendance en 1802 ;
Comment elle a écarté du Valais toute in-
(I) (Note de Védlfeur.) Ce travail est entièrement fait par mon père.